George Orwell aurait pu
l’écrire ! C’est ce qu’on ressent à la lecture de ce petit chef d’œuvre, 12h12 : scission au Mouvement Démocrate, premier roman de Patrick Mouiller qui pour le coup fait une
entrée fracassante dans le cercle très fermé des grands maîtres de la littérature d’anticipation. Salué par une critique dithyrambique, ce roman très largement inspiré de l’actualité nous plonge
dans une atmosphère angoissante en pleine période d’élections municipales, dans une petit bourgade Boë., où trois candidats (UMP, PS et MODEM) se disputent la mairie que le maire sortant
(Lucien Trompette, socialiste) dirige avec quelques difficultés.
Opération marketing ? pas vraiment selon l’auteur lui-même qui fustige ses détracteurs dans une préface décapante : « Tous ceux qui m’accuseront de profiter d’une période
opportune sont des bonimenteurs malhonnêtes, je leur répondrais d’ailleurs que j’ai entamé l’écriture de ce livre il y a plus de trois mois, alors vous voyez bien qu’il n’était pas question de
quelques élections que se soient. » Suspens implacable, style déconcertant, ce bouquin a tout pour faire parler de lui. L’histoire, du même ordre, qui se déroule entre le premier et le
second tour, en est toute aussi palpitante : ainsi à l’issue d’un premier tour rocambolesque, les trois partis sus-cités se retrouvent au coude à coude. Or le candidat du Modem hérite d'une
position d’arbitre. Lui seul décidera de l’issu du scrutin. Et il a seulement deux jours pour trancher : soit s'allier avec l’UMP, soit avec le PS (sachant qu’il ne pourrait se maintenir
seul.) Une nuit d’anthologie vous emporte dans les plus ténébreuses arabesques de la pensée humaine. Que va-t-il choisir ? La tension est à son combre. Lorsque le soleil se lève, la décision
n’est toujours pas prise : une course poursuite contre le temps s’enclenche. Et finalement il choisit ! Il est pile midi, le candidat a faim et fort soif, alors, il se jette à
l’eau ! Ce sera l’UMP ! Avec ses colistiers, le voilà qu’il festoie allègrement à la victoire prochaine. Mais lorsque sonne 12h11, coup de théâtre, Maurice se lève. Et par une
phrase rêche, le voilà qu’il fustige la tête de liste son parti : « Je m’allierais avec le PS ! » Après de longues minutes de silence, une cohue générale s’installe. « Eh
déconne pas Momo ! » « Enfin, merde, tu t’es engagé ! » Mais des proches défendent Momo. « Il a raison ! Suivons-le ! » Le chapitre finit dans les larmes
et le sang. Vient alors le jour des élections, où s’oppose donc l’UMP, qui a fusionnée avec le Modem, le PS, qui a fusionné avec le Modem et enfin, le Modem : « pour une alternative au
centre ! » Bref, un grand moment de littérature où le véritable paradoxe de l’existence est enfin élucidé.
12h12 :
scission au Mouvement Démocrate !, Patrick Mouiller, Grasset (Prix 2008 du meilleur thriller au Festival de Trollin-sur-Lignon.)
« Lorsque la tête de liste s’aperçut qu’un de ses compagnon rechignait méchant, son visage s’encanailla et pour montrer son agacement, il déclama : « D’abord moi j’en ai rien à foutre si t’es pas content tu te casses : indépendance et liberté sont les maîtres mots de notre parti ! » Atterré par ce discours, l’autre tira sa révérence dans un capharnaüm inaudible. Seule l’histoire retiendra sans doute un : « Allez vous faire foutre ! » lâché avec dégoût devant ses camarades consternés. La tête de liste se leva de sa chaise et dit : « Eh bien messieurs, j’en appelle à François Bayrou ! » Tous s’esclaffèrent bruyamment...»



Preuve de l'égalisation des sexes : on a
coupé la tête à Olympe de Gouges !
Il apparaît que la
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années mitterando-chiraquiennes. Les différences sont nombreuses et fondamentales : le baroque sarkozyen se caractérise, des
La boule d'énergie baroque du président passera-telle dans l'ère classique de ses gardes républicains pisse-froids ?
Supputations