Patrick voulait simplement poser une question au hussard, et lui demanda après avoir poliment levé le doigt et que Marius ne lui est adressé la parole :
- Mon entreprise, elle n’était pas comme celle de Gilles Irtagues ?
- Bien sûr que non ! Puisque vous étiez concurrent contre elle ! Mais…c’est évident !
- Oui mais bien sûr, c’est évident, mais c’est pour que je me rappelle bien, leurra Patrick.
-Bon, alors Gilles Irtagues a compris ce que je viens de vous expliquer. Il ne veut
donc pas pour assouvir son envie d’anarchie détruire tous les moyens de productions : son projet est bien plus ambitieux !
Patrick, sentait que le rôle qui était le sien dans cette histoire allait être évoqué. Une excitation impatiente se fit donc sentir, il fit sautiller sa jambe, ce que Marius vu, le réconfortent dans son discours laborieux dont l’approbation relevait de la mission impossible.
-Alors voyez-vous, il s’est dit une chose fort intéressante, et il l’a mis en œuvre.
Puisque c’est aux banques que revient le droit de créer de la monnaie scripturale, il a installé des bombes dans toutes les banques centrales de la planète, là où se trouve les ordinateurs qui
gèrent sans âmes les sommes astronomiques et virtuelles sur lesquelles reposent l’économie capitaliste de ce monde libérale. Voilà son projet : faire péter les banques, et de la mort de
celles-ci viendra la chute des usines et des entreprises, des frontières et des pays, libérant ainsi l’homme de l’exploitation que d’autres hommes lui ont causé, tuant la haine entre les
peuple qui désormais, seront unifiés et qui chanteront mains dans la mains, libérés de leurs chaînes un seul hymne : celui de l’humanité, et qui
figurera la victoire, le bonheur, le nirvana !
Un échec total. Le discours endiablé et fort auquel Marius croyait dur comme fer, et qu’il exprima dans la plus pure tradition rhétorique à la façon de Malraux et de Gambetta, c’est-à-dire en commençant doucement au début, puis en accélérant vers la fin, afin que le public soit pris de court et attisé à son tours, n’a pas marcher. En effet les deux zigotos étaient blasés.
Marius mit son fondement par terre, accablé.
-Et comment il les fait péter toutes ces banques ? demanda alors Maud.
Une étincelle d’exaltation revint dans le regard enfantin de ce Marius désespéré :
-Mais c’est très simple, il doit les déclencher avec un petit machin
noir !
Patrick pensa aussitôt à celui qui conduit à
l’explosion du clocher l’église de Boën, et un frisson lui parcourut le bas du dos et les pieds (ce qui est moins fréquent que dans le premier cas). Alors il demanda :
-Mais quel est le rapport avec le code que voulait Philibert ?
-En focalisant son activité sur Gilles Irtagues, les services secrets ont donc découvert son plan, qu’ils devaient à tout prix arrêter. Mais ils ont aussi découvert la puce électronique que vous lui avez mise dans son crâne avant de partir de la direction de votre mafia. Ils ont aussi compris qu’il fallait faire exploser cette puce, en tapant un code. Comprenant que, comme vous étiez celui qui avait mis cette bombe dans le crâne d’Irtagues, vous aviez forcement le code qui permettait de la faire sauter, il vous l’on demandé…
-Je crois avoir compris, dit Patrick : comme il voulaient sauver le capitalisme coûte que coûte, ils ont compris qu’il fallaient tuer Gilles Irtagues…
-…et sachant que Patrick Ballet avait le code pour lui faire exploser la tête, ils se sont dit qu’il fallait connaître ce code à tous prix, reprit Maud, suivit par Marius…
-…d’où l’interrogatoire de Philibert pour savoir ce code, qui permettait de tuer
Irtagues, donc de sauver le capitalisme et la France éternelle.
Ils rirent tous ensemble, comme dans les happy ends des vieilles séries américaines que
M6 s’entête à rediffuser sans cesse, et où l’image s’arrête sur les têtes hilares des acteurs, où se rajoute le nom du producteur.
Mais Patrick s’arrêta net de pouffer :
-Mais moi ce code, je ne l’ai pas donné à Philibert !
-Non papa, mais tu ne le connaissais pas de toutes façons ce code, dit tout bas Maud, pour ne pas que Marius, qui ignorait, comme vous et moi, beaucoup de chose, n’entende.
-Mais alors, Gilles Irtagues est toujours en vie !
-Oui ! répondit Marius.
-Alors la France est toujours menacée par cet anarchiste et sa foutue bande à Bonnot ! Marius, si tout ce que tu me dis est vrai, alors je veux terminer mon œuvre et faire exploser la tête de ce dangereux criminel, pour sauver la France, et surtout le Forez !
-Pour cela vous devez retrouver le boîtier prévu à cet effet et y taper le code, celui que
Philibert recherchait, voyez-vous.
Notre héros qui tourna son visage vers le ciel comme pour signifier au destin perché du haut de son nuage céleste que de grandes choses allaient de passer, et que l’avenir du monde devrait compter sur les faits d’un aventuriers peu commun, qui venait tout droit de Boën et que l’on nommait du haut de son mètre soixante majestueux : Patrick Ballet
-Je retrouverai ce boîtier, je retrouverai ce code qui va avec, et en le tapant de ma main fébrile, je mettrai fin aux rêves utopiques de cet anarchiste dangereux qu’est Gilles Irtagues !
-Pour accomplir cette tâche, mon contrat me demande de vous donner une piste : les Champs-Élysées en parapluie ! Au revoir Patrick Bijote, finit par dire Marius en retournant derrière les restes de la vitre sans teint : nous nous reverrons Patrick Bijote ! Nous nous reverrons bientôt !



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