Samedi 15 mars 2008
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Bien des choses sont
surprenantes chez l’être humain. De même bien des choses prêtent à rire lorsque elles sont excessives ou caricaturales. Je pense ici aux nez démesurés ou aux oreilles disproportionnées, qui
certes peuvent dans certains cas présenter un avantage essentiellement charismatique (le Général de Gaulle), mais qui nous font la plupart du temps terriblement pouffer (je pense naturellement
aux juifs), nous gens « normaux » au petit nez et au petites oreilles. Pourtant, si il est effectivement aisé voir facile de rire au nez de ces gens-là, il ne serait pas plus incohérent
que de se rire de nous-mêmes et de nos petits nez et petites oreilles. Réfléchissons une seconde, cette excroissance proéminente avec des trous au bout, située en plein milieu de la figure et qui
arbore une forme épaississante, ce groin turgescent qui s’encrasse, qu’il soit aquilin, en trompette ou depardiesque, quoi de plus absurde ? Quoi de plus comique ? Et quoi de plus
comique que nos esgourdes caverneuses faites de sinuosités déliées et de cavités ampoulées aussi complexes qu’il a fallut inventer le coton-tige ; quoi de plus comique que ces vulgaires
lobes mous et pendants qui poussent d’ailleurs la plupart des femmes à porter des boucles d’oreilles justement destinées à détourner l’attention ?
Que celui qui ne s’est jamais décroché la mâchoire à la vue d’un nez ou d’une oreille me jette la première pierre ! Car je ne sais pas vous, mais à la
simple vue d’une paire d’ormeaux ou d’une truffe primitive, il m’est difficile de contenir un fou rire bien compréhensible. Rendez-vous compte quand même qu’avec un seul petit miroir de rien du
tout, il m’est possible de m’esclaffer des heures durant à la seule vue de mon visage saugrenue. Et inutile de préciser que cela concerne évidemment le corps humains dans sa totalité, dans tout
son ridicule : les pieds, les mains, les doigts, les jambes, les rotules,… je me marre ! et je ne vous parle pas des parties génitales ! A se pisser dessus !
Mais attention toutefois, toutes les parties de notre physionomie de sont pas risibles. Il en est ainsi des yeux, qui eux, prêtent plutôt à pleurer.
J’aime les yeux. Non seulement ils sont beaux, mais en plus, ils sont la plus profonde et la plus poignante expression de la pensée de l’homme, à des lieux
de l’éculée parole vocale et articulée. En cela, ils sont aussi l’endroit le plus mystérieux de l’être, et peuvent s’avérer forts redoutables (voir tyranniques : Big Brother vous regarde
!)
Je me souviens par exemple, d’une fille – belle et désirable – qui m’avait pour ainsi dire, tapé dans l’œil. Eh bien savez-vous ce j’ai fait pour la
séduire ? Je l’ai regardé. Mon visage était totalement inexpressif, seul mes yeux parlaient. Aussi profondément que je le pouvais et avec le plus de passion possible, je lui exprimais tout.
Et ça a marché ! Bon elle s’en est vite lassée, ça a duré deux jours et elle m’a quitté ; faut dire aussi que nos rapports sexuels se faisaient également dans le bleu de nos yeux ;
mais quand même ! Je l’ai peut-être marqué à vie cette fille ! Et puis si ça se trouve elle est peut-être encore en train de me regarder, en lisant ce texte….
Un oeil magnifique qui en dit long... (je le sais, c'est le mien !)
Supputations