De la baraque hilarante

Publié le par Ronchon

undefined    Que voilà donc que le blog Lukaleo repart ! En effet, après une longue période brumeuse de léthargie intellectuelle, d’hibernation journalistique et de torpeur satirique digne des plus beaux spécimens cadavéreux du Père-Lachaise, notre blog récemment hâve et livide, reprend ce qu’il conviendrait d’appeler du poil de la bête en une résurrection miraculeuse qui restera, j’en suis sûr, dans les fraîches anales de la blogsphère imbécile. Aussi, que serait le blog Lukaleo, sans son plus vaillant et emblématique chroniqueur acariâtre du mercredi noir, moi, Ronchon, chef de file rabat-joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité, et qui s’en va répandre son venin belliqueux sur le toile, comme au bon vieux temps, pour la cinquante-huitième fois…

     Mais avant de causer d’actualité, revenons en quelques lignes bien senties sur la mort clinique de notre blog favori… Rien de bien méchant en vérité… Simplement, voyez-vous : une certaine lassitude, une perte d’inspiration subite, un ras-le-bol éminent, et puis disons-le, une crise existentielle, surgissant tout droite d’un contenu éditoriale bâtard oscillant périlleusement entre satyrisme pur et dur, et de la création artistique détachée de tout rapport journalistique avec l’actualité brûlante. Dans ces conditions délétères, une cessation d’activité fut proclamée, habilement dissimulé sous les apparats dramaturgiques d’une mort annoncée. Une pantomime puérile qui est aujourd’hui terminée : notre plate-forme culturelle multimodale est de retour, et ce sera pour longtemps, avec tenez-vous bien, pas le moindre changements franchement décisifs au niveau du contenu. On repart, comme avant, avec peut-être plus de texte. Enfin, non en fait. Voilà, rien de bien folichon, convenez-en.

      Mais tandis que le blog Lukaleo procédait mollement à sa lente décomposition, le monde lui, n’en a pas fini de vivre dans la plus fatigante frénésie… c’est d’ailleurs là problème : on ne peux pas comprendre ce monde, il change trop vite.  Par ailleurs, je refuse tout net de causer du prix de la baguette de pain, ni des pantoufles en velours de madame Martin qui habite Garges-lès-gonesse, comme le ferait le premier journaliste, depuis vingt ans à treize heures sur TF1. Très peu pour moi. Parlons plutôt d’une chose qui me semble être de l’information, de l’actualité, de la vraie, de la grande, de la fameuse. Il s’agit naturellement des palpitantes élections américaines, et plus précisément, de l’étrange cas du candidat Obama.

         Voyez-vous, contrairement à tout le monde en France, je n’ai aucune tendresse pour cet Obama. Ni voyez-là aucune trace de racisme anti-noir à la Klu-Klux-Klan, aucune emprunte d’anti-conformisme ou la volonté obsessionnelle chez moi de faire chier le monde (quoique…) mais plutôt le fruit spirituelle d’une réflexion intense sur le sujet de ce candidat démocrate atypique, qui est aussi réjouissant qu’affligeant. Réjouissant car il est la preuve (en tout cas son succès) que l’Amérique a profondément changée, et pour une fois, en bien. Ce pays est prêt à mettre un noir à sa tête, le monde est au bord d’avoir pour premier personnage, un homme de couleur…  1848, rien qu’en France, c’est quand même pas le bout du monde, voyez donc un peu le chemin que les occidentaux ont parcouru (et cela indépendamment du fait qu’Obama n’est pas un descendant d’esclave mais celui d'un vulgaire immigré...)

          Mais le problème, c’est qu’au fond, Obama, s’il casse la baraque (…je n’ai pas peu m’en empêcher), c’est uniquement parce qu’il est jeune et noir… D’un talent stratégique et oratoire hors normes, notre homme a su faire de ses spécificités à premières vues handicapantes en politique, des avantages monstrueux capables de renverser une machine bien huilée à la Clinton. Son succès, et ce n’est pas vite aller en besogne que de le dire, est basé uniquement sur sa couleur, et sur sa jeunesse : ce type est tellement jeune qu’évidement, il n’a pas encore eu le temps de faire des conneries… Du coups, ses adversaires sont bien emmerdés pour l’attaquer : il n’est rien, Obama c’est un grand vide… Ce type est un projet. Une chose en devenir. Mais à part hurler constamment qu’il veut le changement, il ne dit rien aux américains. Et c’est en cela qu’il est affligeant. Ce n’est rien qu’une image, une image bien jolie, mais une image. Et les images, quand elles gouvernent la première puissance du monde, ça fait du grabuge. Remarquez, c’est exactement la même chose quand c’est des fous furieux qui la gouvernent… et je dis ça pour l’autre brute, McCain…

        Voilà pourquoi, vu de France, je serai tenter de dire que le meilleur, c’est la femme à l’autre pervers. Du reste, depuis l’autre côté de l’Atlantique, j’imagine que les choses, se déforment un peu. Et puis, de toute façon, je voterai pas, donc ce que je pense… d’autant plus que je n’ai jamais rien vu d’aussi complexe qu’une élection présidentielle américaine… avec la Théorie Générale, de Keynes, la loi de la relativité, d’Einstein, la phénoménologie de l’esprit, de Hegel, et un plan pour étagère de chez Ikea…

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Barack Obama n'est pas plus que les autres hommes politiques, étrangers à l'hypocrisie...

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Publié dans Chroniques de Ronchon

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