Vous en conviendrez avec moi
Vous en conviendrez avec moi, l’actualité est un peu morne en ce moment : il ne se passe rien, les journalistes ne savent pas quoi dire dans leur publications dont le baratin cathodique ne masque pas l’absence de contenu, et c’est dans cette perspective que moi, RONCHON, apoplectique apôtre apparenté de la peu approuvable appendice apothicaire, apathique appendicite approximative de l’âpre appât apraxique, apte apside aptère et non moins aptérygote sans être pour autant purement aptéryx et surtout chef de file rabat-joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité, j’ai décidé de vous parler d’un petit voyage que j’ai fait grâce au long week-end dont le mois de mai nous fait l’aimable cadeau.
Mon patriotisme m’a naturellement dirigé vers Paris, capitale dont, il faut bien dire, on parle peu, vu qu’il ne s’y passe pas grand-chose. A peine arrivé dans cette cité que l’on considère comme la plus belle ville du monde, et en tant que grand admirateur du fameux chanteur atteint de strabisme aux grosses lèvres, Joe Dassin, je me dirige évidemment vers les Champs-élysées, avec une furieuse envie de m’acheter une glace de deux boules (chocolat chocolat) pour vérifier la justesse l’adage fameux qui dit depuis des temps sempiternelles qu’il y a en ce petit endroit du monde « tout ce que vous voulez ».
Mes difficultés pour atteindre la légendaire avenue furent grandes, je ne vous le cacherai pas, et le fait de gambader dans les longs et pollués boulevards parisien avec sur le dos, mes sacs, mes appareils photos, et mes provisions, ne fit qu’augmenter ma faim. Et tandis que je me léchait les babines à la simple idée de manger une glace au chocolat deux boules, je découvris dans les parages un sentiment dans l’aire qui provoqua en moi un inintelligible tressaillement de l’âme. On était un peu avant midi, un événement venait de se passer.
Mais parbleu, quoi donc ? Pensant avec une insondable intelligence qu’une bonne glace au chocolat deux boules me porterait conseil, je décidai de réfléchir à la direction requise pour aller sur l’avenue où les veaux viennent faire les cons lors des jours de fête footballistique. Mais ne sachant que faire, je vis devant moi un groupe d’homme et de femme courir avec des drapeaux français dans une bien précise direction. Comme beaucoup de parisiens je voulu les suivre. Prenant mon courage à deux mains, je marchais dans les rues haussmanniennes de la ville lumière, et enfin, j’arrivai dans mon but suprême, en pensant que ma glace deux boules chocolat élyséennes n’était plus très loin.
Mais il n’en était rien, la foule se massait sur les trottoirs, bouchant la circulation piétonne tandis que les magasins difficiles à atteindre étaient abandonnés de leurs propriétaires. Consterné, je décidai d’aller voir la circulation de l’autre côté de l’avenue, qui par ailleurs était assez dégagée pour une fois. Mais à peine m’étais-je arraché de cette foule compacte, je me retrouvai confronté à d’inhumaines barrières métalliques gardées comme des cerbères par de difformes mutants policiers en uniforme. Ne pouvant pas traverser sans enfreindre la loi, je décidai de me recueillir sous l’Arc de Triomphe. M’extirpant une deuxième fois de la foule, remontant l’avenue, je m’affublai de mes médailles militaires comme il se doit pour tout ancien combattant présent sur la tombe du soldat inconnu. Mais là encore, je me retrouvai confronté devant une foule extraordinaire, et à peine avais-je sortit mon drapeau français, qu’un petit bonhomme fourbu est venu me serrer la main. Avait-on mit une glace au chocolat deux boules à la place de la flamme sacré ? Je n’en sais rien, car des policiers me demandèrent gentiment d’aller voir ailleurs si ils y étaient.
Outré par cet affront que l’on faisait à l’un des plus grands perdants de Bien-Dien-Phu, je décidai de rendre visite à l’admirable accusateur qui fait la guerre : le Tigre, père de la victoire, George Clemenceau. Mes affaires commençaient à être lourdes, la foule m’empêchait de respirer, la faim de penser, et pourtant, je venais de descendre l’avenue, et ressortant mes médailles et mon étendard, je me recueilli de nouveau au pied de la magnifique statue du moustachu au milieu d’une foule là aussi extraordinaire. Le même petit bonhomme narquois revint m’ennuyer en me serrant la main avant que des sbires ne viennent encore me demandé de repartir.
Je me dirigeais alors vers la statue du Général de Gaulle. Les innombrables barrages et policiers m’empêchèrent de le faire : « On ne peux plus cogiter tranquille dans ce pays ? » hurlais-je aux forces de l’ordre qui m’avaient privé d’une glace, d’un recueillement au pied du monument bonapartiste, de Clemenceau et maintenant du Général. Obligé de faire un détour par le quartier latin de, j’arrivai épuisé au pied de la statue du de Gaulle de 1944, où je fis un signe au garde à vous avant que ne vienne m’interrompre dans ma gaullienne marseillaise ce décidément désagréable bonhomme : non mais pour qui se prenait-il ?
Harassé par l’éprouvante journée que je venais de vivre dans cette ville où nulle glace avec deux boules au chocolats n’existait, je décidais d’aller me reposer au tranquille bois de Boulogne….

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, à mercredi prochain, et d’ici là je vous emmerde !

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, à mercredi prochain, et d’ici là je vous emmerde !
Publicité