La face cachée de l'image

Si la mort emporte chaque jour des millions de gens, elle ne me fera jamais trépasser moi, RONCHON, calfat caleçon calebasse de la calculeuse calculatrice calligraphe a la calèche calée question calme calamité calorifique et non moins calédonienne à califourchon calviniste, calumet calibrant calmement le calife californien à la place du calife atteint de la calamiteuse calvitie calfeutrant sa câline calomniatrice sur le calcifié calice au calvaire et enfin chef de file rabat joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité, j’ai décidé de vous parler de l’image qui prend le dessus dans l’échiquier politico médiatique d’aujourd’hui.
Car si c’est malheureux à dire, cela se fait au détriment du fond. Prenons un exemple aussi simple que la dernière élection présidentielle, puisque c’est celui-ci que j’ai retenu pour vous prouver mon mathématique raisonnement. Nous avions au premier tour quatre candidats qui étaient susceptibles d’arriver au deuxième (souvenez-vous) : il y avait en ordre d’importance, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Bayrou, et Jean-Marie le Pen. Or, et ça ne vous a pas échappé, tous ces candidats, incarnaient un changement, car à chaque élections « les français en on marre, et je les comprends ». Donc, chaque candidat promet qu’au lendemain de son élection, tout sera différent. On raisonne déjà en terme d’image : on ne change un pays comme ça du jour au lendemain que dans les meetings, les affiches, ou les clips de campagne.
Nous avions celui qui nous promettait respectivement une société avec de l’ordre et une économie libérale (et protectionniste) à l’anglo-saxonne où tout est possible ; celle qui nous jurait que tout allait changer si elle, et la France, devenait présidente, avec l’argument béton du « vous allez voir ce que vous allez voir » ; celui qui voulait reconstruire le pays comme s’il sortait d’une guerre en utilisant la méthode gaulliste dite du rassemblement de tous les français, et surtout de ceux de droite et du centre ; et enfin celui qui nous disait vouloir revenir dans la douce France d’entre 1940 et 1945. Bref, les français avaient un choix de société à faire, conscients qu’ils prenaient un tournant historique dans leur histoire.
Et ce dilemme s’est avéré tellement cornélien, qu’au lieu d’aller se faire chier à lire les programmes, ils se sont dits : on va regarder leur gueule à ces candidats. Ces derniers ayant compris cela ont dit au revoir à leurs constitutionnalistes et ont dit bonjour aux conseillers en communication. Quatre stratégies différentes : le petit bonhomme calme et serein qui n’ a pas honte de sa petite taille et qui est le plus à même de diriger le pays ; la cousine par alliance à Marianne qui veut donner la tété à son auditoire mâle ; le bon gars campagnard sans prétention qui n’a qu’une seule ambition : sortir le pays de la merde (et non pas ses bottes qui en auraient bien besoin) ; et le bourru Papy binoclard qui raconte à ses petits-enfants Marine et Bruno ses souvenirs de Vacances en Auvergne d’abord et en Algérie plus tard.
Vous connaissez la suite : les deux premiers sont arrivés au second tour, où ces deux stratégies se sont considérablement affirmées, avant de laisser place au vote, qui prouve lui-même l’ascendant qu’à pris l’image et l’émotion sur la conviction et le fond. Ces gens qui voulaient tous le changement, ont mis au pouvoir la candidat de droite ; voilà l’un des paradoxe les plus extraordinaires que l’on ait jamais vu, car la droite, c’est par définition le maintien de l’ordre des choses, la conservatisme, la tradition, mais pas la changement ni autre « rupture ». Et en plus d’avoir mis un candidat de droite à l’Elysée, elle met celui qui a été le ministre le plus en vu aux gouvernements des cinq dernières années ; l’alternance n’a donc rien à voir dans ce choix, puisque les français, avides de changement, ont réélu le même parti politique. Pourquoi ce choix si incohérent ? Tout simplement parce que l’on a gavé les français à un Sarkozy façonné au gré de ses pérégrinations politiques, tant et si bien qu’en un mois, ils ont oublié que c’était la droite qui était au pouvoir et qu’ils allaient la réélire, ils ont oublié que Sarkozy avaient été influent chez les ministres, et surtout que tous ceux-ci le soutenaient. Et comble de désolation, quand on leur demandait qui était le mieux en mesure de résoudre le problème de l’insécurité lorsque ça avait pété dans quelques gares parisiennes, ils répondaient Sarkozy : soit ils sont si cons que leurs mémoires n’est plus effective au bout de 15 jours, soit très influençables, et par ailleurs, Sarkozy est très intelligent !
Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, à mercredi prochain, et d’ici là je vous emmerde !