Mésestime soudaine

La sublime Fantasia en D minor K397 de Mozart résonne avec mélancolie dans mes oreilles, et tandis que les larmes m’en tombent, je ne peux m’empêcher d’écrire ma nouvelle chronique, qui comme d‘habitude depuis quelques temps, retracera fidèlement l’actualité, à la recherche de la plus terrible information des sept jours la précède. Voici donc sans plus attendre ne serait-ce qu’une seconde de plus, la trente-sixième chronique de Ronchon, chef de file rabat joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité, qui vous salue bien bas par ailleurs.
Comment ne pas parler ici des infirmières bulgares et du médecin palestinien, qui relâchées après huit ans d’une réclusion pour qui les mots droits de l’homme sonne faux comme la sublime Fantasia en D minor de Mozart sonne juste, ont été ramenés par un avion, qui portait précisément les mots « République Française». Certes mon patriotisme en fut très satisfait, mais mon esprit critique n’en fut pas moins endormi : comment se fait-il que ce ne soit pas un avion bulgare ou de l’union européenne qui les ramena à Sofia ? On est en droit de se le demander, d’autant qu’il n’y a pas si longtemps que cela, les relations franco-libyennes étaient aussi froide qu‘un livre de Robert Merle. Mais cette interrogation, aussi légitime sot-elle, en pose d’autres, toutes sans véritables réponses : comment ont-ils fait, pourquoi le Katar a-t-il payé, pourquoi le colonel Kadhafi les a-t-il libéré, ou plutôt contre quoi ou encore quel fut le rôle « décisif » de Cécilia dans cette affaire.
Cependant, avant de faire les petits malins qui sortent de leurs poches magiques des réponses toutes faites, à la façon de Jean-Marie le Pen, contentons-nous de cette nouvelle, qui au fond, est très bonne : pour les innocents (qui retrouvent leurs liberté, ce qui n’est pas la moindre des choses), pour le Katar (qui se rapproche des occidentaux tout comme des arabes), pour la France (dont l’action est salué par le monde entier), pour le couple Sarkozy (qui réussit ici l’un des plus brillant coup de pub du siècle), et puis, pour Kadhafi, qui autant dictateur qu’avant, est plus respectable et fréquentable maintenant (la preuve, Sarkozy lui a rendu visite aujourd’hui !)
Ces bulgares, qui n’ont rien demandé à personne, se sont retrouvé au centre d’un conflit diplomatique à la porté insoupçonnée, ce qui doit être très gratifiant, et puis assez rageant, car comme dit précédemment, il n’avaient rien demandé à personne. Sans parler de la femme du président, qui, elle a un rôle pour le moment assez inconnu par tout le monde : faut-il crier ici au retour d’une aristocratie dictatoriale, ou faut-il rappeler que l’immense majorité des responsables diplomatiques français (Claude Guéant par exemple) n’ont jamais été élu par personne, si non par Sarkozy lui-même ?
Mais nous ne savons finalement pas grand chose, nous pauvres cloches, des rouages diplomatiques qui lient entre eux les puissances de ce monde en décrépitude, et continuer ne me mènerait-il pas à dire des imbécillités ? Parlons d’une connerie à la porté de tout le monde est finissons sur une petite note démagogique ce brillant exposé : le tour France, compétition mythique et ancienne, bourré d’héroïsme et de fureur, et qui n’ait plus devenue qu’une compétition à celui qui aura les meilleurs produits dopant. C’est dégoûtant. Tenez, je leurs crache à la figure à ces tricheurs, ou sur leur tombe, car en effet, le dopage tue. C’est d’ailleurs l’une des chose qui rend respectables le crime d’en prendre : on s’auto-condamne à mort.
La pire dans cette histoire ce n’est pas non plus, mais de très peu, le fait qu’une femme soit devenu présidente de l’Inde, ni Jacques Attali qui succombe à l’ouverture, ni les suicides de chez Peugeot, ni la mort de l’acteur de « La vie des Autres », ni le talibans qui continuent d’emmerder le monde avec leurs conneries, non le pire, c’est bien qu’au ministère de la ville, soit associé la cousine par alliance de la Sainte Mère de Dieu avec la zoubida de Vincent Lagaf’, Christine Boutin et Fadela Amara, unit depuis plus d’un mois sans faire de tiramisu, euh, de tsunami.

Un dessin incompréhensible mais sympathique du très barbiturique Mix & remix
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, à mercredi prochain, et d'ici là, je vous emmerde !