La corruptrice (page 43)
A la vue d’une mouche survolant une bougie blanchâtre, je méditais sur le sens de ce symbole qu’avait bien voulu me faire apparaître Dieu dans son inifnie bonté. Sans doute dépassé par telle allégorie divine, je refusais néanmoins, j’en suis sûr avec le recul, à m’avouer vaincu. Hélas, la vue du téléphone déposé à moins d’un mètre à ma droite ne pu que provoquer une fatalité facilité à laquelle il m’était bien difficile de point user. Alors, composant un numéro encré pour toujours dans mes recoins encéphaliques, une voie familière de femme lubrique à qui je priai de bien vouloir me passer Charles, s’exécuta sous le fardeau de sa paresse. « Allo » dit une voie nouvelle. « Baudelaire ?! Je voulais te demander, y a une mouche qui survole une bougie là, chez moi…à ton avis, ça veut dire quoi ? ». Un léger bâillement d’indifférence se développait depuis mon correspondant nonchalant. « Idiot ! » me dit-il, « C’est la quarante troisième page des fabuleuses aventures de Michelus & Roberus qui rapplique! » Consterné par l’évidence je raccrochais et songeai, esquissant un pervers sourire, que c’était d’ailleurs l’une des plus réussies !