Au firmament du fiel
Que dire d’autres sinon me taire ? Question mystérieuse qui sert à la trente-septième chronique de Ronchon, chef de file rabat-joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité, comme d’une grandiose et monumentale ouverture, un peu comme celle que composa jadis le viennois moustachu pour l’opéra Ainsi parlait Zarathoustra, adaptation du livre écrit jadis par l’allemand moustachu au nom imprononçable, qui servit par ailleurs à l’américain pseudo-anglais moustachu pour son film 2001, et à l’entreprise qui fait de vieux films cramoisis des DVD flambants neuf, ce qui nous fait bien plaisir, vu qu’étant prosateur, l’ouverture d’un opéra, aussi pompeuse soit-elle, ne m’est d’aucune utilité, à moins bien sûr que vous ne lisiez ces lignes en écoutant en même temps cette composition, ce qui en plus de me surprendre ne serait pas s’en me déconcerter, ce qui veut d’ailleurs dire le même chose, mais là n’est pas la question, cher liseurs qui ne voyez pas la bout de cette phrase interminables, surtout si vous la lisez à haute voix.
Ainsi donc, que diantre, Michel Serrault est mort, Ingmar Bergman est mort, et Michelango Antonioni aussi. C’est étonnant. Et pis c’est triste. A croire qu’il y avait là-haut, des nuages inoccupés, si je puis me permettre cette boutade aussi affligeante que blasphématrice. Ces morts, toutes assez regrettables, ont tout de même une vertu bien avantageuse car les rustres ignares que nous sommes, et qui n’avons jamais miré un seul film mollasson du suédois vont pouvoir boucher l’impéritie culturelle intolérable qui défigure notre esprit tortueux, qui fait honte au septième art. De même, quel bonheur de revoir Michel Serrault casser sa biscotte.
Mais disons-le tout de suite, ces morts, qui provoquent de toutes parts la plus vive émotion cinématographique, révèle un triste côté du comportement humain, et qui consiste à se mettre à genoux, pleurant de tristesse et de reconnaissance funeste pour les génies, généreux, précurseurs et talentueux, que l’humanité vient de perdre en ce triste jour qui restera comme celui où Michel Serrault, Michelango Antonioni et Ingmar Bergman sont morts. Une once d’hypocrisie se dessinent sur toutes les bouches. Certes, c’est toujours la même chose avec un mort, mais rarement aux journaux télévisés. Cependant, le fait que l’on se souviennent montre qu’ils resteront, et cela prouvent qu’ils étaient des génies, généreux, précurseurs et talentueux, que l’humanité vient de perdre en ces tristes jours qu’elle retiendra comme ceux où ils ont disparus.
Que dire sinon me taire ? En voilà une question ! Peut-être que l’histoire des infirmières bulgares est un peu plus broussailleuse que ce qu’on a bien voulu nous faire croire, que la Côte d’Ivoire semble sur la bonne voie ce qui n‘est plus arrivé depuis que l‘homme est parvenu à mettre un pied devant l‘autre, ou peut-être que le cinéma, après les disparitions de trois monstres sacrées sombrent de plus en plus profondément dans les Abymes de la nullité créatrice avec le nouveau Pixar au titre évocateur : Ratatouille. Mais de tout cela rien je ne dirai, et je préfèrerai finir sur une note plus horrifiante que toutes les autres : Fadela Amara et Christine Boutin travaillent toutes les deux au ministère de la ville, la Sœur Marie-Thérèse des Batignolles version Jérusalem avec l’énervé du village des milles et une nuits : à l’aide !

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, à mercredi prochain, et d'ici là, je vous emmerde !