Tu veux un Ronchon ?

Publié le par Lukaleo

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       Il m’est venu cet après-midi en escaladant suffoquant le mont Gerbier de jonc aux côtés de la ridiculement petite rigole gouttière que l’on considère comme la source du plus long fleuve de France, cette saugrenue phrase, certes, mais aussi est surtout cette cornélienne question existentielle : peut-on écrire une chronique ronchonique en écoutant la voix éraillée de Berthe Sylva ? Et cela non pas sous le soleil exactement vu la temps de merde que nous a procuré cet été automnale à chier et où le brumisateur financé par le contribuable français n’a servi strictement à rien. Tentons donc d’y répondre en écoutant les Roses Blanches, et en songeant avec émotion qu’il s’agit là de ma quarantième chronique, écrite, par moi-même, RONCHON, le chef de file rabat-joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité.

        En ce moment, tout le monde ne parle plus que d’une chose. En ce moment, des parents, prit dans la psychose, enferment leurs enfants dans des pièces scellées et vidéo surveillées en leur suppliant de ne pas sortir dehors et de ne surtout pas accepter ne serait-ce que le moindre bonbon venant d’un étranger. Et il y a fort à parier qua dans quelques jours, on en parlera plus : et dès lors, les enfants ressortiront sans crainte dans les parcs publics sous l’œil distrait de parents inattentifs qui n’auront plus peurs de rien : Claire Chazal, le soir à vingt heure parlera d’autres choses, et du coup le problème sera résolu. Mais au fond rien n’aura changé. A part les titres de l’actualité. Vous allez voir, ça va faire comme pour la grippe aviaire : il y avait eu un moment où des connards ne pouvaient plus se balader dans la rue sans hurler à la mort dès qu’ils distinguaient à soixante-dix mètres au dessus d’eux la figure terrifiante d’un pigeon. Et aujourd’hui que tout le monde se fout de cette maladie à la con, les mêmes piétons peuvent se prendre une fiente en plein gueule que ça ne déclencherai en eux qu’un simple courroux, bien compréhensible au demeurant.

         En attendant donc que la rentrée arrive, avec son lot de polémiques sarkozyennes et de sorties littéraires événementielles, genre Les Bienveillantes, on est obligé de parler des pédophiles qui hantent en ce moment les nuits suantes de tous le parents de France. Tout de suite, il faut dire que ce qui est vraiment important avec ce genre de sujet, ce n’est pas la fascinante question du viagra, ni les géniales propositions bâclées de Sarkozy, mais c’est ce qu’il faut tenter de comprendre, au sens politique, voir philosophique de la question. Si je peux me permettre, la vraie question est la suivante : les pédophiles sont-ils des malades ou des criminels ? Tout porte à penser avec conviction qu’ils sont les deux à la fois, c’est-à-dire des malades criminels. Or, ils faut les traiter comme tels, mais comme avec ce genre de cas qui touche à la pureté même de l‘enfance, la raison vacille, se dérobe et s’effondre âprement pour laisser la place à la folie la plus populiste et simpliste, à la démagogie la plus soudaine et incontrôlable, à la passion la plus violente et viscérale, c’est donc un acte complexe, qu’il faut traiter avec froideur et sérénité.

        Les pédophiles sont des criminels ? Il faut les punir : ont les met en taule pour trente ans ! Oui, mais ils sont malades, alors dès qu’ils ressortent, ils recommencent ! Eh, bien il faut le soigner ! Or, pour le soigner il faut de moyens. La question semble simple en apparence, mais on touche ici à quelque chose qui dépasse l’entendement, les lois ne peuvent rien contre ses comportements, on est au dessus du comportement humain traditionnel, qui veut qu’on évite de commettre un odieux forfait parce qu’on sait que vingt ans de prison nous attendent derrière. On est dans la pulsion le plus sombre et mystérieuse, dans cette institution macabre et incompréhensible qui se nomme la maladie. Les lois n’y font rien ! « Qu’on les pendent ! » crieront certains, mais on ne tue pas un malade, on ne peux pas tuer quelqu’un qui, au fond, n’est pas responsable de ses actes ! C’est criminel, c’est du nazisme ! Nous voilà donc bien démuni face à ce monstre hideux qu’est la pédophilie : un pédophile peut rester quarante ans en prison, le jour de sa sortie, il ne repensera qu’à récidiver, tandis que le braqueur de banque ou le voleur d’autoradio ne sera peut-être pas sur la même longueur d’onde.

          Pire, un pédophile seulement traité comme un criminel banal, comme on le fait aujourd’hui, purgera sa peine, et ressortira, autant pédophile qu’avant. Ce n’est pas trois ou quatre décennies derrière les barreaux qui y changeront quelque chose, puisqu’on est dans le domaine de la médecine. Et dans ce cas la prison n’a qu’une vertu curative. Et au final, pas punitive. Le tout est donc qu’il faut le soigner, bien que soigner quelqu’un qui ne veut pas forcement l’être relève de la mission impossible. Bref, l’étendue du problème est réelle, c’est une question absolue, totale, qui fait peur, qui rempli de rage et de colère. Il faut la prendre par des pincettes, et c’est là toute la difficulté, d’autant qu’on ne peut rester froid comme un frigo quand on apprend qu’un enfant à été violé, que ça vie est gâché, qu’un individu à souillé de ses mains sales la choses la plus innocente qui soit, comme on pisse vulgairement dans de la neige pure et légère. Et tenter d’avoir ce comportement, c’est le rôle du politique : trouver, à froid, des solutions réfléchies. Celles de Sarkozy le sont-elles ? En tout cas pas sautant que sa décision de faire travailler ensemble au ministère de la ville Christine Boutin et Fadela Amara, qui sont chacune d’elle aux antipodes de l’autre, comme je le rappelle avec un rire sardonique à la fin de chacune de mes chroniques depuis l’existence du gouvernement Fillon numéro deux. 

                                       Mon cousin germain par alliance schtroumpf grognon a été victime d'un pédophile dans sa jeunesse

                               Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, à mercredi prochain, et d'ici là, je vous emmerde !

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Publié dans Chroniques de Ronchon

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