La jeunesse n'a pas d'âge

Une jeune polka dévergondée, bordélique, irrespectueuse des choses les plus élémentaires de la vie terrestre et en plus doublée d’une inculture blafarde, commence à me gonfler au plus haut point, et cela même si la sombre médiocrité détestable qui la nimbe vient de me donner une idée lumineuse quant au contenu éditorial de ma quarante-deuxième chronique délétère, caractère qui fait par ailleurs de moi le chef de file rabat-joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité.
Cette petite imbécile vient en effet de me donner l’idée de vous parler des jeunes. Vous savez ces individus qui sont moins vieux que les autres, et qui ont cette terrifiante manie d’être toujours les plus cons. Oh, c’est juste une coup de gueule, une envie insatiable encore inassouvie d‘insulter le monde, un hurlement primaire que je vais pousser loin dans le ciel, comme une crachat irrespectueux, pour faire comprendre la profonde haine que j’ai pour ces dangereux énergumènes. Parce qu’en effet : ils m’énervent. Presque tous autant qu’ils sont. Certes, il y a différents groupes qui composent la jeune génération, et c’est la raison pour laquelle nous ne nous emmêlerons pas les pinceaux.
On a d’abord les énervées du villages, qui parviennent à se frusquer de moumoutes bringuebalantes noires avec de la peau de fourrure zoologique sur les capuches qu’ils mettent soigneusement sur le dos, des pantalons de sport blanc presque transparents qu’ils remontent avec le ridicule d’un Tintin chez les soviets jusqu’au genou et avec une casquette retournées sur une tête qui forme constamment une sorte de grimace vaudevillesque sensé traduire un courroux sombre dirigé contre une société qui n’a selon eux qu’une seule raison de vivre : les opprimer. Adoptant une démarche peu académique, ces jeunes là, souvent surnommés affectueusement les racailles, sont en constante révolte, et même pour acheter leurs pains, pisser un bon coup ou participer à une petite tournante, ils marchent comme les gens en pleine crise de nerfs, d’où d’ailleurs leurs nom d’énervés du village. Ils sont ceux qui déforme la langue, qui la souille, qui la viole, qui la brûle, avec un langage arrache-gueule qui oscille périlleusement entre le verlan approximatif et le dyslexie pathologique. Leurs niveau cultures est très bas : il s limite à deux choses, le cinéma et la musique, sachant que dans le premier et le deuxième des arts citées, ils ont une net préférence pour les créations qui n’en font pas partit. Ainsi, les films commerciaux sont leurs favoris, tout comme ils écoutent le rap en boucle, se gavant avec délectation des poétiques insultes proférer contre tout le monde dans ses sublimes compositions.
A l’opposé de ces jeunes là, au sommet de la hiérarchie sociale, se trouve les jeunes bourgeois, très particuliers, très cons aussi, mais fascinants : ils sont paradoxaux. Ainsi, jeunesse la plus capitaliste depuis la naissance de l’humanité, ils aiment porter sur leur t-short déchiré et trop petit le portrait propagandiste de Che Guevara, en ignorant le plus souvent qu’elle l’œuvre et la pensée de ce révolutionnaire. Friqués comme ce n’est pas permis, ils n’achètent que des produits de la premières importance : des habits, souvent certes à des prix exorbitants, bien qu’invariablement trop petit pour eux, car en effet, il n’est pas rare de constater comme leur guibolles sont serrées dans leur braies souvent misérablement déchirées. Cette jeunesse, à l’inverse des autres n’a aucune vision du monde. Portant, elle pourrait s’instruire violemment, elle le fait, un tout petit peu, bien que pour elle, le simple fait de lire soit une contrainte aussi terrifiante qu’un livre de Stephen King. Disposant du médias le plus important du monde, cette jeunesse ne sert d’Internet que pour assouvir un besoin narcissique d’étalage insolent de vie privée dans des blocs, qui, il faut bien le dire, aurait très bien pu servir à autres choses, ce qui nous amènent à penser avec violence que cette jeunesse est la première à être muselée par sa propre connerie.

Regardez-les !
Voilà c'est tout pour aujourd'hui, à mercredi prochain, et d'ici là je vous emmerde !