La Terre qu'on enterre
Pour une raison que j’ignore, j’aime sentir la délectable chaleur du soleil s’étendre subtilement sur ma peau nacrée. Pour une raison que j’ignore tout autant, je me sers de cette observation aussi crapoteuse qu’inutile pour l’accroche de l’introduction de ma quarante-neuvième chronique, ce qui en plus d’être d’une extrême impéritie sémantique, et indigne du talent libelliste qui ma caractérise habituellement, moi, RONCHON, chef de file rabat-joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité, et qui s’en va vous raconter en quelques mots l’actualité générale de ce petit endroit de la terre qui s’appelle la Terre, et plus généralement de ce petit endroit du l’univers, qui s’appelle la Terre. Tout cela vous amène à penser que je suis un cuistre, et alors ?
Moi, je veux parler de la Terre ! Il paraît qu’à cause de nous, elle va crever, la pauvre. Il nous faut la sauver ! Ou on va tous mourir avec elle ! C’est justement la prétention démesurée du fameux Grenelle de l’environnement, qui vient de s’ouvrir en France. Aux dires des participants, on dit qu’il s’est formidablement bien passé, sur sa première phase. Cependant, on est en droit de se poser des questions quand à son fonctionnement, et naturellement sur le choix des associations qui représenteront la fine fleur de l’écologie française. Parce qu’en effet, certaines affiliations au combat compromettant pour le gouvernement, comme les anti-nucléaires pour ne citer qu’eux, ont été lâchement écarté par celui-ci, ce qui laisse planer dans nos œsophage sceptiques un certain doute. Il s’agit de faire une sorte de révolution écologico-soixante-huitarde alors que ses protagonistes sont vraisemblablement tous d’accords. Par ailleurs, si la révolution quarante-huitarde, ça consiste à faire plus payer les plus riches pour qu’ils aient le droit polluer, je ne vois pas l’intérêt. Tout cela nous amène à penser que Jean-Louis Borloo est un cuistre, et alors ?
Mais enfin, nous n’allons tous de même pas avoir le manque de galanterie politique suffisant pour détruire un événement qui commence à peine et dont nous ne pouvons pas encore tirer les considérables enseignements. Par ailleurs, je refuse avec la violence catégorique qui a fait ma fortune pendant l’occupation de traiter de Guy Môquet : une missive poignante de dix lignes qu’un condamné à mort de 17 ans envoie à ses parents et qu’on va lire le jour de sa mort dans les lycées de France ce n’est quand même pas un sujet suffisamment polémique pour aller insulter Sarkozy en disant que ce n’est qu’un salaud de la pire espèce qui remet en cause par le simple fait de son inopportune existence l’intégrité de l’histoire et la dignité humaine. Par ailleurs, Bernard Laporte est un cuistre, et alors ?
Non, je crois que ce qu’il faut dire, c’est bien que Johnny Hallyday renonce à la nationalité belge, ce qui me semble être la petite goutte d’eau qui fait déborder la vase pour un pays qui est au bord du gouffre : la Belgique. En effet, le pauvre petit pays de la bande dessiné est déchiré entre les néerlandophones nationalistes et les francophones wallons. Le pays risque de se séparer. Imaginons un instant que la Luxembourg fasse de même ! Puis a près ce sera au tour de Monaco de subir une scission, et après du Vatican. Et tous ça à cause d’un putain de chanteur de rock, qui en « a marre de payer ce qu’on lui impose comme impôt ! » Ce qui nous amène par ailleurs à penser que Jean-Philippe Smet est un cuistre, et alors ?
En vérité, en vérité, je vous le dis, il ne sait rien passer de grave, surtout à gauche, puisque les socialistes ne disent rien ! Oh, mais voilà que ça me revient ! Le traité européen, qui vient d’être adopté ! Débloquant ainsi l’Europe, certes, mais en désavouant la parole indignée d’un peuple français subitement anticapitaliste (ou nationaliste) en 2005. Ca c’est extraordinaire : on propose une constitution, une partie des européens la refusent, ce qui fait qu’elle n’est pas adopté (ce qui n’est pas très démocratique, puisque c’est la France qui l’a rejeté, mais est-ce là bien la majorité des habitants de l’Union Européenne ?) et deux ans après, on l’adopte quand même, en supprimant quand même de trois trucs gênant par ci par là. Les européens sont des cuistres ? Certes, et alors ?
Voilà c'est tout pour aujourd'hui, à mercredi prochain, et d'ici là, je vous emmerde !