Noé qu'on noie
La sublime et inégalée Farandole de Jeanne Calmant, influence majeure pour trois générations, resplendit harmonieusement dans un feu d’artifice vocal et musical à mes oreilles dont l’ouïe est farouchement limité à l’image des nouvelles lacunaires, morbides d’événements et avares de contenue qui sévissent intolérablement ces temps-ci sur la stèle de ce qu’il convient d’appeler du nom noble et digne « d’actualité ». Mais moi RONCHON, doyen du courroux éternel et du touché rectal, premiers-nés des agitateurs aigres des étangs mornes de l’inaction béate et quotidienne, et enfin Jeanne Calmant rabat-joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité, j’ai décidé, pour cette, attention mesdames, messieurs,…….50ème chronique, oui cinquantième chronique, record inégalé d’une longévité sans précédent, symbole inaliénable d’un règne sans pitié sur l’autel du propos acerbe et de l’injure saumâtre, chantre glorieux du déclin victorieux et du ronchonisme triomphant. Mais pourtant, pourtant….
Car en effet, de quoi que je pourrais bien causer, saperlotte, parmi ce grand vide hégémonique ?! Alors oui, il y a certes, cette prétendue affaire de l’Arche de Zoé, cette association prétendue humanitaire qui part au secours de quelques prétendus orphelins dans un pays prétendu démocratique où l’on n’hésite pas à parler de réseau pédophile et de trafic d’organe en se tournant cyniquement vers les sept membres de l’association au nom ridicule qui risquent au final, les travaux forcés. Que faire de tout ce batifolage récréatif ? Les uns (l’association) clament leur profonde sincérité alors même qu’on apprend que les enfants secourus ne sont pas plus orphelins que je suis guèbre et zoroastrien. Les autres, (les tchadiens) sans doute outragés par l’anarchisme du formalisme humanitaire hurlent à l’infamie, confrontés à cette poignée rigolote d’olibrius qui n’ont toujours pas compris que l’objectif de notre gouvernement était de réguler notre immigration et non de faire venir 103 miséreux même pas orphelins. Gouvernement par ailleurs plus occupé à organiser des Conseils des ministres en terre étrangère, que de prendre part à cette affaire par un silence approbateur de soutien indécis. Si c’est pas le Déluge tout ça !
A peine venais-je de conclure sur les aventures rocambolesques de Zoé et de son Arche tragiquement vide, que je m’aperçus, comble de l’horreur et de l’épouvante, que le Déluge était ailleurs, qu’il supplantait même, et ce les doigts dans le nez, la vulgaire ondée précédemment évoquée. Car cela vous aura-t-il comme à moi-même échappé : Halloween, c’est aujourd’hui ! Ce fantôme sans cape ni boulet, ce mort-vivant plus mort que vivant, ce vampire sous perfusion, cette sorcière définitivement chassée, ce grand cadavre à la renverse, comment cette si belle tradition anglo-saxonne peut-elle provoquer telle indifférence et ennui chez nous français, pourtant américanisés jusque dans nos latrines ? Certes le Parti socialiste fait un beau fantôme, tout comme Ariel Sharon est un digne mort-vivant, ou Rachida Dati une parfaite sorcière ; mais quand même. En tout cas, réjouissons-nous plutôt que cette vulgaire fête, où d’emmerdeurs gamins viennent déranger les gens honnêtes qui se lèvent tôt pour une poignée de friandises infamantes qui ne font que les engraisser et les noyer un peu plus dans leur obésité écœurante, soit enfin tombée dans les oubliettes des grandes coutumes commerciales du siècle. D’ailleurs, même aux Caraïbes, on préfère fêter Noël.
Voilà c'est tout pour aujourd'hui, à mercredi prochain, et d'ici là, je vous emmerde !