Match de football

Publié le par lukaleo

     Pour cette troisième chronique désolante, moi, RONCHON, farfadet de l’orthodoxie vieillotte et du rire jaunâtre, führer spirituel du mépris quotidien et de la haine ordinaire, César bonapartiste du dédain moratoire et de la toise antipathique, orfèvre chevronné de la détestation méthodique et de l’aversion crispante et enfin chef de file rabat-joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité, j’ai décidé d’écrire, de ma plume révolutionnaire, sur une fort disgracieuse chose : le football.

     Je vous entends d’ici crier, indignés, parce que je vais critiquer un sport qui exalte des valeurs de paix et d’amour, de fraternité et de respect, et surtout que « tous les supporters ne sont pas des néo-nazis ! » Et ben moi, je dis qu’il faut savoir ce qu’on veut. Je m’explique. Il fut un temps où le sport le plus suivit était l’athlétisme, et le moment de notre histoire où le sport fut le plus respectable, c’est quand le grand Jesse Owens mit à plat les théories racistes des nazis en remportant pas moins de quatre médailles en 1936. A cet instant, en mettant par terre le nazisme tout entier, le sport supprima la classification des races et éleva l’humanité toute entière à de grands sphères intellectuelles philosophiques.

     Aujourd’hui, et c’est là qu’on voit à quel point le sport, et en tout cas le foot, sont des milieux pourris au point de non-retour, c’est qu’au lieu de contredire toute forme de nazisme, ils l’exaltent. Je m’explique.

     En quoi consiste un match de foot ? Tout simplement à voir deux équipes composées chacune de onze imbéciles milliardaires en short, qui font mu muse autour d’un ballon : c’est con. Mais pire que le match en lui-même, les spectateurs, sans parler bien sûr des quelques néo-nazis. Ils payent des sommes astronomiques, après s’être fait tripoter les parties génitales par un stadier homosexuel pour s’entasser dans des tribunes peu fiables et puantes de frites urineuses, à côtés de gros cons racistes de 150 kilos, qui se mettent de la sauce tomate plein le maillot, et qui hurle la bouche pleine de glaires des insanités dont la simple évocation me soulève le cœur. On a en même temps les laiderons supportrices à deux ronds qui montrent leurs seins béants aux photographes vicieux de Closer, sous la vile bénédiction des animateurs sous-payés déguisés ridiculement en lapin, en vache ou en cochon et qui dansent, sous la musique gueularde qui oscille entre deux publicités locales dont la qualité laisse à désirer, le tout avec par terre le traditionnel vomi peu ragoûtant qu’un alcoolique n’a pas pu retenir.

     Bref, le football et tout ce qu’il y a autour représente bien une forme de nazisme, car cela n’élève pas bien haut le sport et cela rabaisse même l’humanité plus bas que les merdes que posent les chiens sur nos trottoirs. En voyant un tel spectacle, on se demande si une réelle classification des races ne serait pas une mauvaise idée si les noirs étaient plus haut placés que les blancs supporters du PSG ou de l’OM.

     Mais une dernière chose, pire encore. Le nazisme c’est bien détester quelqu’un pour la simple raison qu’il est différent : parce qu’il n’a pas la même couleur de peau, la même origine, le même pays, la même religion ou la même uniforme on va le mettre dans un camps pour qu’il meurent gazé. Et le football, c’est quoi, au niveau des supporters ? Ce n’est pas haïr un groupe d’individu parce qu’il ne supporte pas la même équipe et que, du coup, il n’a pas le même maillot, les mêmes chants et la même ville ? Et cette haine sans fondements ne va-t-elle pas conduire à arracher des sièges pour les jeter sur les autres, à balancer sans peurs des pavés, des fumigènes ou tout simplement en se battant rageusement contre des inconnus parce que leur bonnet n’est pas sang et or mais vert ? Alors voyez-vous, pour moi, quand on se dit supporter d’un club de foot, je pense qu’on déteste plus les clubs des autres que l’on aime le sien, et ça, c’est précisément l’une des caractéristiques du nationalisme. Et il se trouve que l’hitlérisme et l’une des formes les plus avancées du nationalisme, et comme un parisien est plus un anti-marseillais qu’un parisien (et vice et versa), un nazi est plus est plus un antisémite qu’un allemand. Alors selon moi, le seul moyen de faire disparaître les hooligans et la violence des stades, c’est de supprimer une bonne fois pour toutes, le foot !

                              Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, à mercredi prochain, et d’ici là, je vous emmerde !          

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Publié dans Chroniques de Ronchon

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