Arrêtez vos miss-basses !

Mon Dieu que le temps passe vite, nous en somme déjà à mon quatrième texte, et moi, RONCHON, impérissable proconsul du désœuvrement jouissif et de l’inimitié émeutière, édile sans pareil da l’exacerbation blasphématrice et des messes basses, Mozart de la critique négative et de la concise efficacité exterminatrice, annonciateur de la colère populiste et enfin chef de file rabat-joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité, j’ai décidé de faire ma chronique sur celles qu’on appelle sans respect les « Miss » (sans S à la fin, au pluriel).
Ce pseudo événement de misère dont l’intérêt télévisuel n’a d’égale qu’un après-midi faussement intime et amical chez Michel Drucker, me consterne, et à deux Prenons d’abord la forme. Cette longue émission racoleuse qui dure des heures et où le chauve binoclard perché au dessus du public nous répète 49 fois les numéros qu’il faut faire, est tombé en pleine concurrence avec le Téléthon. Certes mon amour pour la science est très limité dans la mesure où je considère que l’inutilité de celle-ci est plus grande que ses bienfaits et surtout plus petite que sa dangerosité, mais enfin le Téléthon, ce n’est pas n’importe quoi. On le sait bien, que le peuple français est composé en grande partie de connards peu soucieux des problèmes des autres et surtout inconscients de leurs chance, qui sont tous susceptibles, du haut de leurs ignorance blafarde, de regarder TF1, en dépensant du pognon à voter sur des lignes surtaxées, plutôt qu’à faire des promesses de dons pour vaincre ce qui reste une menace pour l’humanité. Sur la forme, il y a autre chose, qui est presque plus grave. Ce show interminable consiste à faire défiler dans la plus totale répétitivité et sans la moindre surprise des femmes, voir même des fillettes pucelles, dont l’anorexie maladive et inquiétante n’a d’égale que la fausseté accablante du sourire exacerbé et l’épaisseur remarquable du maquillage. Il s’agit pour ces pauvres êtres juvéniles de marcher droites comme des I, en souriant comme Florence Foresti sur l’affiche de son spectacle, et en essayant de ne faire aucune fausse note, le tout en foutant le naturel et leurs personnalités a la poubelle. Bref ce spectacle figé est laid, faux et n’est pas digne de l’attention de qui que ce soit, car il ne sert absolument à rien, sinon à faire des « polémiques » dont la simple évocation me fait exploser les zygomatiques : mais à quoi sert le jury ? Voilà une question existentielle ! Et pourquoi pas : faut-il éplucher les patates avant des les manger, ou faut-il se carrer un doigt dans le cul quand on regarde le Star Academy ? Non, ce n’est pas sérieux, les réponses sont trop évidentes (oui, pour la dernière). Mais c’est sur le fond que j’ai un vrai problème avec cette émission. On nous parle en ses temps sombres qu’est le notre d’un mouvement de libération de la femme, l’idée que la femme serait l’égale de l’homme. Je n’ai aucun problème avec cette théorie un peu farfelue (non, je rigole !), mais enfin avec les Miss France, il me semble qu’on ne participe pas à cette grande impulsion féministe. Ces petits brins de femmes sont mis sur le devant de la scène uniquement parce qu’elle sont belles, alors que la plupart des femmes, moches, prônent la beauté intérieur. En voyant ce programme, notre jeunesse féminine peut-elle grandir sans l’idée qu’il faut avoir une grosse paire de seins et un arrière-train qui laisse rêveur pour réussir dans la vie. Sous l’égide de ce jury impitoyable dont le voyeurisme exacerbé n’a d’égal que celui d’un spectateur de Loft Story regardeur, qui contraste avec la grossièreté charretière sensée symboliser l’élégance française, les femmes ne sont-elles pas rabaissées à l’état d’esclave de machos obsédés sexuels sans vergogne qui répètent sans cesse le désir subit qu’à leur libido vieillissante à les « essayer toutes », sous les yeux dubitatifs de jeunettes pré pubères et les regards pervers des pornographes de génie d’Endemol qui travaillent à tours de bras pour sortir prochainement un nouvel étron abject dont l’odeur fétide ne serait pas sans rappeler celle du sex toys centenaire qui suit partout les miss et que l’on nomme Geneviève de Fontenay. Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, à mercredi prochain et d’ici là, je vous emmerde.
problèmes, un sur le fond et l’autre sur la forme.