La bêt(is)e humaine

Il faut bien reconnaître qu’à part quelques récents évènements tragiques, l’actualité est assez calme, et c’est pourquoi, moi, RONCHON, planificateur organisé de la xénophobie intellectuelle et de la chasse aux résistants cérébraux, gros gourou de l’exécration aveugle et de l’ effroi malintentionné, lecteur assidu des œuvres littéraires les plus virulentes et par ailleurs très bon cuisinier, garant de l’anti-jeunisme et des vieux rabougris, amphitryon des machos et des homophobes et enfin chef de file rabat-joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité, j’ai décidé de faire ma cinquième chronique sur
Et pourtant ces privilégiés ont trouvés le moyen de faire grève, ce qui, avec une telle situation, est un exploit, car arrêter le travail en besognant cinq heures par jour dans un train haute technologie où il n’y a rien à faire, c’est un tour de force. Alors naturellement, cette grève que ces communistes ont concocté, les mêmes qui en Russie ont fait une centaine de millions de morts et qui sont en train (c’est la cas de la dire) de préparer une jolie petite bombe atomique en Corée du Nord, fait chier tout le monde, y comprit moi, puisque je suis un usagé (et que j’aime à insulter les jeunes cons qui ne prennent pas la peine de lever leurs petits cul d’un siège pour me le laisser libre, et ainsi laisser leur petites jambes toutes neuves d’enfants pourri gâtés un quart d’heure). Mais pire que la gêne occasionnée par cette grève bâtarde, ce qu’elle représente aux yeux justes de l’histoire. Car en effet, certains des grévistes se félicitent de leurs gestes qu’ils disent preuve d’un grand courage et d’une haute vision de la société. En en tenant un tel discours, je pouffe, et puis ensuite je pleurs. Je pleurs en pensant en effet que c’est grâce à des mineurs et à des cheminot exploités, que l’on tuait au travail inhumain qui était le leurs, que ceux d’aujourd’hui ont moins matière à se plaindre. Je pleurs en pensant au droit de grève qui contrairement à ce que certains semblent croire n’a pas toujours existé, je pleurs en pensant à ces milliers de prolétaires qui soucieux de l’avenir de leurs enfants ont avancés la peur au ventre et le cœur palpitant vers les soldats armés, qui les larmes aux yeux ont tiré dans ces miséreux lucides qui demandaient la justice, je pleurs en pensant au combat acharné que certains ont mené au péril de leur vie pour faire avancer les conditions de travail et les droits syndicaux, je pleurs en voyant Jean Jaurès, Emile Zola ou Léon Blum se retourner dans leurs tombes, voyant ces travailleurs pour qui ils ont voué leur vie qui aujourd’hui, bien lotit dans leur 35 heures inespérés, osent devant les hommes et la liberté, faire grève sans raison, alors qu’au même endroit, il y a 70 ans, d’autres le faisaient, expirant une balles dans le cœur parce que des centaines d’autres étaient morts dans je ne sais quels tragiques accidents. Je pleurs et je me révolte en voyant ces cheminots couillons et inconscients, user du droit de grève comme si c’était un vulgaire Clinex, oubliant qu’ils portent sur lui le trépas de centaines de leurs paires, sur qui ils crachent, en répétant ainsi aussi outrageusement la cessation. Voilà c’est tout pour aujourd’hui, à mercredi prochain, et d’ici là, je vous emmerde ! 