Et le ciel leur tomba sur la tête

Publié le par Lukaleo

     Ma main frémie tandis que je commence à écrire de ma plume tremblotante un huitième texte, et moi, RONCHON, individu hiérarchiquement dominant dans le monde très concurrentiel des alarmistes sans espoir et des désespérés alarmants, champion impersonnel sans pareil pour ce qui est d’expectorer hargneusement à la gueule des problèmes de la société et des primitifs mulards qui la compose, semeur chevronné de la haine jusqu’au-boutiste et de la pourriture scripturale, qui récolte des tempêtes de protestations et enfin chef de file rabat-joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité, j’ai pris la décision, non sans une pointe de mégalomanie, d’écrire sur l’Humanité, qui ne devrait pas tarder à se casser la gueule.

     En tant que grand chef des Ronchons, je n’en suis pas mécontent, au contraire. Mais je suis un homme après tout, et je fais moi aussi partit de l’humanité. Je suis donc contrarié que l’humanité tombe en décrépitude (ce n’est pas pour rien que je m’appelle RONCHON !). 

     Dans la longue et grande épopée humaine, il est une chose qu’il faut bien comprendre. Dans ma vision des choses, très traditionaliste il est vrai, je pense qu’un groupe d’individu à un objectif suprême, être capable de subvenir à ses besoins, en eau et en nourriture. Ce n’est d’ailleurs pas une surprise si la première civilisation humaine est née dans le croissant « fertile », il y a de cela quelques sept millénaires.

     Alors bien sûr, à cette époque, il y avait des tas de groupes d’individus, qui vivaient chacun dans leur coin, bien gentiment, et qui essayaient de produire assez de pitance pour pouvoir bâfrer convenablement. Ils avaient chacun leurs coins, se faisaient la guerre de temps en temps, mais rien de bien méchant. Bref, les groupes qui avaient construit leur village au bon endroit, et qui produisaient assez de nourriture perduraient, et ceux qui n’en produisait pas assez ce cassait la gueule.

     Aujourd’hui, les choses ont bien changées. L’humanité, il faut bien le reconnaître, ce n’est plus une multitude de communauté comme avant, ce n’est plus qu’une seule et même communauté, de six milliards d’humains, un truc énorme

     Alors, même s’il y’a des pays, des nations, des peuples différents, n’oublions pas que notre civilisation se mondialise. C’est comme ça et pas autrement. Je peux donc vous dire que le « village global », car c’est comme ça qu’on l’appelle, est un village qui n’a pas de maire. En effet, je vous pose la question, un homme dirige-t-il l’humanité ? Non, je regrette, personne ne la mène, elle se ballade les yeux fermé, sans être dirigée, et bien sûr, elle a prit une direction qui l’a même droit dans un mur, et depuis peu de temps, elle court.

     Avec l’absence de chef et l’anarchie qui règne dans ce village global, on a d’abord une cité qui s’autodétruit joyeusement. Il est boueux, rempli de détritus et pollué. Alors la gêne n’est pas encore trop forte, mais bientôt ces nuisances deviendront insupportables, et ça tombera sûrement sur la gueule de mon petit-fils, et l’air du village sera irrespirable !              

      Ensuite, il y a des inégalités monstrueuses dans ce village. Il y a des quartiers, au Nord, où les habitants ont tous ce qu’ils leurs faut, même trop. Par contre au Sud du village, y a rien, c’est un de ces bordels las bas en bas. Alors, les habitants du Sud déménagent, et  veulent s’installer au Nord, mais ceux de là-haut, ils ne veulent pas, mais faut pas s’étonner !

     Le village global a réussit l’exploit d’être capable, tenez-vous bien, de produire deux fois plus de nourriture qu’il ne lui en faut. Et pourtant, c’est une bourgade tellement mal gérée qu’il y a un sixième des habitants qui crèvent de faim ! C’est quand même un comble. C’est comme si dans une soirée y’avait des chips pour 12 personnes, et que pourtant, sur les six invités, y’en ait un qui puisse pas en manger. Bref c’est un joli bordel.

    Rendez-vous compte que les gens des quartiers du nord refusent de donner un tout petit peu de leurs argents pour faire en sorte que les habitants du sud est au moins l’eau courante. Pensez-vous, les gens du Nord aime mieux les armes pour eux que l’eau pour les autres.

    Ne me demandez pas d’être optimiste, c’est dans ce genre de petite commune en foutoir, bourré d’inégalités, d’injustices et de corruption qu’éclate les guerres civiles !

                           Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, à mercredi prochain, et d’ici là, je vous emmerde ! 

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Publié dans Chroniques de Ronchon

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