Docteur Sego & Mister Sarko

Publié le par Lukaleo

     Pour cette neuvième chronique, moi, RONCHON, hobereau des polémistes sarcastiques et des vociférateurs malveillants, suzerain des critiques critiquables et des critiqués critiquant, cordon bleu, en cuisine comme en écriture, pour ce qui est de fouetter et de battre, grand cru (A.O.C) de la méprise de la nullité créatrice et de l’admiration de talent inventifs et enfin chef de file rabat-joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité,  j’ai décidé, non sans une certaine crainte bien compréhensible de vous parler d’un sujet grave, le duel Sarko-Ségo, qui m’insupporte tout particulièrement.

     En 2002, est arrivé un évènement tout à fait évènementiel : Jean-Marie Le Pen était au deuxième tours de l’élection présidentielle. Ca a été comme qui dirait un cataclysme politique, un tremblement de terre, ce genre de trucs dont on ne se remet pas.

     Et il se trouve que cette année là, c’est la gauche qui a subit les conséquences de cela. Aujourd’hui, on se rend bien compte que ça peut tomber sur la gauche comme sur la droite. Alors les grands partie, UMP et PS, se sont dit, il faut que les petits candidats de merde qui servent à rien, on les virent, c’est à cause de ces cons-là qu’on va pas passer au second tours.

     Pour arranger le tout, les deux grands partis on fait en sorte de représenter le plus d’idées possible, afin de réunir le plus d’électeurs potentiels. A gauche donc, Ségolène Royal, est sensée représenter la gauche selon Arnaud Montebourg,  Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang, Jean-Pierre Chevènement, Christiane Taubira,  François Hollande, et d’une certaine façon Lionel Jospin, Léon Blum, François Mitterrand et Jean Jaurès. De même à droite, Sarkozy va devoir représenter la droite selon Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie, Jacques Chirac, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, Valéry Giscard d’Estaing et le général de Gaulle.

     A eux deux, Sarko et Ségo vont de la droite nationale jusqu'au communisme, en seulement deux personnes. Sur le fond, ils sont tous les deux totalement incohérents, tellement leurs idées sont nombreuses et contradictoires. Les plus courageux, comme le binoclard gaulliste à la voix aiguë, NDA, est partit en disant que Sarkozy ne reflète pas sa vision. Il est étonnant qu’à gauche on ne fasse pas la même chose.

      Comme les idées de ces deux candidats majeurs sont embrouillées par le trop grand nombre de courants politiques qui se réunissent en leur personne, Nicolas et Ségolène vont jouer sur leur image, qui sont là, très claire et radicalement différentes. Il n’y a de cela que quelques jours, notre petit ami de droite, devenait candidat officiel de l’UMP. Il décide de frapper un grand coup, des cœurs d’enfant tout de blanc vêtues chantant des larmes aux yeux de leurs douces voix une marseillaise couverte pas un drapeau tricolore de 300 mètres carrés. Ce genre de trucs qu’on a plus fait depuis Napoléon. Et puis à côté, il y a Ségolène Royal. Une stratégie radicalement différente, elle part vite dans une ferme au milieu du trou du cul du monde, pour que les journalistes viennent l’y trouver. Le soir même, à vingt heures, le contraste est saisissant : d’un côté le petit Napoléon qui s’autoproclame devant soixante mille personnes, de l’autre la petite bergère qui tient son agneau. Le citadin choisira Sarko, et le paysan, choisira Ségo. Tout se joue sur l’image. L’un va affirmer son caractère d’homme en annonçant une économie libérale, l’autre sur son statut de femme en disant qu’elle va tout demander à tout le monde avant de prendre une décision. On a d’un côté celui qui veut se faire passer pour celui qui a des idées : du coup il nous déballe sans cesse des tas de propositions, absurdes souvent, mais on s’en fout, il a des solutions le petit gars ! En face, il y a celle qui ne dit rien. Par peur de se faire insulter, elle ne prend jamais de position. Le résultat est le même, on nous dit tout et son contraire, tout et n’import quoi. S’ajoute à cela ces cons de TF1 qui nous font croire qu’on a le choix qu’entre Ségo et Sarko. Alors que c’est faux : les cinquante pourcent de français qui n’apprécie pas Royal sont-ils ceux qui aime Sarko ? Les cinquante pourcents de ceux qui aiment Sarko sont-ils ceux qui n’aiment pas Royal. Non ! Oh ! Mais j’oubliai, à gauche comme à droite, il n’y en a plus que deux : décidément, le bipartisme, c’est comme la guerre froide mais en plus chaud (le Pen rôde) !

                           Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, à mercredi prochain, et d’ici là, je vous emmerde !

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Publié dans Chroniques de Ronchon

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