J'ai une gifle à vous donner

Publié le par Lukaleo

     Je brûle avec une haine profonde les journaux du matin tandis que, moi, RONCHON, graciable gardien gallophobe gargarisant la goupillonne garde gammée des gras gredins gangrenés, grand gouverneur grabataire de la glauque grammaire gutturale et du gazeux gourdin gavant, gaz  gastrique garnissant gloutonnement les glapissants gnomes guignol de la guignarde guillotine gothique et du gourmand gosier de la gaspation graphologue, je prends la décision avec la fermeté légendaire qui me caractérise de parler de l’émission de TF1, j’ai une question à vous poser ! 

                       

     Bien sûr, cette émission est détestable pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’elle est produite et diffusée sur la première chaîne de France (en terme d’audience uniquement) qui se trouve être celle de le l’île de la tentation et de la Star Academy. Vous comprenez dès lors mon indignation : une émission politique ne peux être sérieuse que si la chaîne qui la diffuse l’est tout autant. Or, ce n’est pas avec des programmes d’une pareille nullité que TF1 peut être considérée comme raisonnable.

     Et d’une ! Ensuite sur le principe. Le voici, il s’agit de prendre un candidat à la présidence de la République et de le mettre derrière un pupitre devant une centaine de personnes qui, paraît-il, symbolisent la population française. Alors là, permettez-moi de me marrer, la population française, c’est plus de 60 millions de personnes, alors qu’on arrête de me faire croire que les candidats ont en face d’eux la France , et qu’ils la regardent dans les yeux, pour reprendre la fameuse expression d’un autre président.

     Ils ont en face d’eux une bande de bras cassés qui tiennent tremblotant un micro dans lequel ils ne savent pas parler et surtout dont ils n’ont aucune utilité dans la mesure où ils posent des question d’une caducité accablante. Il ne faut pas s’étonner si ensuite, les candidats semblent si sûrs d’eux : aucunes questions pièges ne leurs à été posé, et il se trouve que si c’est le cas, ils peuvent tout à fait se permettre de l’esquiver sans que la ténacité de son auditoire ne soit éveillé : le micro à déjà circulé, et le décoratif gus gigotant qu’on appelle gentiment présentateur, demande expressément de ses bras volatiles à une autre personne de bien vouloir poser sa putain de question, qu’on en finisse.

     Le pire dans cette histoire, c’est qu’on aimerait bien que tous cela paraisse spontané et joyeux, mais ça ne l’est absolument pas. Le titre « J’ai une question à vous poser », laisse préjuger que le mec à qui il vient une interrogation ou une envie irrésistible de réagir face à des propos d’un candidat qu’il juge inacceptables pourra lever la main et aussitôt cracher à la gueule de l’homme politique pour lequel il a une haine grandissante. Mais pas du tout, cette spontanéité issue du peuple disparaît à cause de réunion avant l’émission où les journalistes demandent aux personnes sélectionnées de bien vouloir donnés leurs questions.

     Vous imaginez la suite. On présente ça comme un moment de préparation, mais en fait, on doit au maximum reformuler les questions pour qu’elles soient présentables et on doit bien faire comprendre à l’agriculteur du Larzac, au plombier du Forez et à la chômeuse de Paris que le candidat, il ne faut pas le faire trop chier non plus.

      

     Le fait que les candidats se trouvent en face de personnes auxquelles les téléspectateurs s’identifient plus qu’aux journalistes intellectuels (et compétents, ou complaisants), permet aux hommes politiques de pousser très loin leur populisme, c’est de bon augure pour eux. Royal n’a jamais prononcé autant de « vous avez raison » que devant cette assemblée et Sarkozy n’a jamais sorti autant de propositions farfelues que devant ces peu charismatiques intervieweurs qui ne font qu’écouter bouche bée ce que le flot de paroles présidentielles leur sort dans un paquet joliment présenté par de bonne base en rhétorique.

     Comme la plupart des émissions de TF1, coupées au milieu des débats par une page de publicités racoleuses, elle ne sert pas plus à parler de politique qu'autre chose. Elle n’existe, comme tout sur TF1, que pour vendre aux cerveaux disponibles de ses téléspectateurs du Coca-Cola, ou alors du Nicolas Sarkozy.

    

                               Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, à mercredi prochain, et d’ici là, je vous emmerde ! 

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Publié dans Chroniques de Ronchon

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