Ne le dites à personne !

Publié le par Lukaleo

     Les feuilles se déchirent dans mes mains tandis que moi, RONCHON, vénérable Voltaire végétatif de la virile véhémence vindicative et de la vile voracité vigoureuse, victorieux vicaire viable et valeureux vicomte ventriloque à la verve vivace vilipendant violemment les victimes vilebrequins vieillots de vides vexations vaudevillesques, vulgaire vétéran au vaillant visage vivant dans la vicissitude de la vorace violation de la volition et enfin chef de file rabat-joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité, j’ai décidé de faire ma quinzième chronique sur Lady Chatterly qui vient d’être nommé meilleur film français de l’année 2006.

     Peut-être cela va-t-il vous paraître un peu prétentieux, mais ma cinéphilie est aussi grande que ma méchanceté, et je dois vous dire que pourtant, je n’avais pas entendu parler le moins du monde du film récemment sacré comme la plus grande création cinéphilique française de l’année passée. Mon intelligence est trop cohérente, insatiable lecteur, pour dire « qu’à mon goût, un tel film ne mérite pas une telle discussion ».Je n’en suis pas là. Mon avis est ici au dessus du goût personnel. Il s’agit d’avoir une certaine vision du cinéma, qui ne consiste d’ailleurs pas à attribuer les Césars en fonction des résultats au Box-office (et donc aux tristes Bronzés 3) comme certains vont immédiatement le penser à le lecture de mon texte critiqueur, les ignorants ! Mais j’ai quand même parfois l’impression qu’on se fout de la gueule des gens qui achètent les places de cinéma et qui financent par conséquent une grosse partie du septième art français, participant par ailleurs de ce fait au rayonnement de notre culture (ce dont moi et les autres, nous ne sommes pas peu fiers). On nous répètent, à juste titre, qu’il faut aller au cinéma, et que par-dessus tout, qu’il ne faut pas télécharger les films sur Internet, que la fréquentation baisse d’année en année, que les salles sont vides et que si on continue comme ça, on court à la catastrophe, comme le disent les hauts responsables.  

     Mais dans ce cas on ne récompense pas à la grande fête du cinéma français le film d’art et d’essai déficitaire qu’on a enlevé de l’affiche des cinémas subventionnés alors que la colle n’était pas encore sèche parce que les salles étaient aussi vides que le contenu du programmes de Ségolène Royal dès le lendemain de la sortie « nationale » de l’oeuvre.

     Faut savoir ce qu’on veut. Et puis par rapport aux américains pour quoi passe-t-on ? Tandis que eux, pour le meilleur films, réunissaient miraculeusement Spielberg, Coppola, Lucas et Scorcèse (c’est-à-dire les quatre plus grands réalisateurs actuels de la planètes et parmi les plus marquants de l’histoire du cinéma) récompensant en plus un film remarquable (Les Infiltrés), nous, en France, nous faisions monter sur la piste une dégénérée azimutée gauchiste vociférants sans gloire dans son micro quelques slogans dont la lourdeur se prêtaient par ailleurs magnifiquement à celle de la soirée, mais là n’est pas la question. Certes les critiques pour ce film étaient bonnes, mais il n’a été vu par personne, et personne n’en a entendu parler à part les gens qui habitait la région du tournage. Il paraîtrait qu’on s’y emmerde terriblement, que l’ensemble est d’une niaiserie erotico-rurale terrible et que la scène finale est à pleurer (de rire). D’après les extraits que j’ai vu, force est de reconnaître qu’on se rapprochait plus du téléfilm du samedi soir de France 3, genre Louis la Brocante , que du vrai film de cinéma. A croire que plus un film a de récompenses et de bonnes critiques, plus il y a de chance pour que ce soit un navet navrant.

     Le problème est le même que quand c’était L’esquive qui avait tout raflé. C’est ce genre de petits films que personne n’a vu qui coiffent sur le poteau les grosses productions françaises, comme cette année Indigènes, Ne le dis à Personnes ou Quand J‘étais chanteur, productions qui rayonnent pour certaines dans le monde entier, brandissant convenablement le fier étendard de notre cinéma national et qui, pour parler sérieusement, financent le cinéma. Car ne l’oublions pas, sans grosses productions (de qualités) qui font des entrées, pas de pseudo téléfilms qui se plante lamentablement dans les salles comme Lady Chatterley ; sans un pommier, pas de pommes pourries. Il me semble que faire le choix de récompenser  les rejetons illégitimes de ce qui marchent est un choix risqué, voir irresponsable.

 

                             Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, à mercredi prochain, et d’ici là, je vous emmerde !

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Publié dans Chroniques de Ronchon

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