2007 %

Une colère de forte taille s’empare de mon esprit, tandis que moi, RONCHON, légitime lumière languissante luttant licencieusement contre les lucifériens loyalistes lilliputiens, libre lieutenant lugubre du logotype lumpenprolétariat lorgnant, libératoire loup libelliste livrant des liasses logorrhées à Lukaleo, lexicologue linéaire léguant à l’avenir livresque une locution lyriquement lyncheuse et enfin chef de file rabat-joie de le lutte conte l’optimisme et de la jovialité, j’ai pris la wagnérienne décision d’écrire cette seizième chronique contre les sondages, dont on entend beaucoup parler en ces tristes périodes électorales.
Comment, en effet, ne pas être remplit de colère à la simple évocation de ces chiffres sans âmes que les journaux de tous bords sortent en guise de preuve irréfutable du bien fonder de leurs dires, comme s’il s’agissait d’écrire, pour faire sa mission d’information, que tant de français sont comme ça, et que tant d’autres sont comme ci.
C’est consternant. Et pour des raisons aussi diverses que variées, la première se trouvant être la nullité de certains de ces sondages : il arrive souvent que des instituts sortent des sondages contradictoires le même jour et pour la même question. C’est quand même un comble, car normalement la précision algébrique avec laquelle sont faits ces sondages mathématiques devrait garantir leur justesse. Mais non, il arrive souvent qu’ils se trompent, et lourdement (rappelez-vous d’une élection en 2002, où une surprise de taille avait eu lieu). Car en effet, que dire de la manière d’établir les sondages qu’ont les instituts, avec une représentativité des échantillons qui laisse à désirer, une méthode des quotas controversée, une formulation des questions critiquable et pour finir la volatilité et le l’honnêteté relative des réponses des sondés. Incontestablement, la marge d’erreur des sondages est grande, et pourtant, ils prennent dans l’actuelle campagne une majesté de plus en plus grande, ce qui me pousse à dire que l’importance apportée aux sondages me parait démesurée en comparaison de la fiabilité de ceux -ci.
Mais au-delà cette véracité plus ou moins inexistante des sondages, il me semble qu’ils sont dangereux, au moins pour la démocratie, avec l’avènement d’une « démocratie d’opinion » où l’opinion publique est plus importante que la vote ou l’action citoyenne. Il me semble que c’est dangereux car L’opinion publique n’existe pas et que le rapprochement entre les gouvernants et les gouvernés ne se fera que par l’intermédiaire de ces chiffres, souvent faux en l’occurrence, si l’on continu comme ça. Aussi, et d’un point de vue plus politique, je crois que l’opinion des gens se forme en fonction des sondages publiés. Un exemple avec la montée spectaculaire de François Bayrou, qui fait que ce n’est plus foncièrement ringard d’être centriste, et que par conséquent, d’autre électeurs non décidés pourront, à la vue de ces chiffres, rejoindre, par effet de mode ou automatisme inconscient, les idolâtres de l’ancien bègue pyrénéen. Cet état de fait pose d’ailleurs un autre problème, c’est le non positionnement des instituts de sondages sur l’échiquier politique. Il ne faudrait pas qu’une tendance sarkozyste ou socialiste naisse chez Ipsos ou TNS Sofres, parce que vu l’influence périlleuse qu’ils ont sur l’opinion des électeurs, ils pourraient très bien se permettre de sortir des sondages en faveur de tel ou tel candidats, ce qui serait de très mauvais augure pour notre démocratie. Les sondages sont donc un risque majeur pour la république qui se trouve être la notre, car l’exactitude revendiqués et contesté de ces chiffres d’opinion se confond avec l’obsession des électeurs à un vote utile contre Le Pen, et donc à un choix qui se divise entre trois candidats, ceux qui ont des chiffres jugés suffisant, et encore, se limiter à un choix bipolaire Sarko-Royal serait plus raisonnable. L’importance des sondages pose d’ailleurs le problème de la réflexion des médias et de leur capacité à réfléchir. Normalement, l’analyse d’un journaliste, souvent peu concrète, est justifié par les sondages. Mais à présent, on assiste à un retournement de situation pour le moins inquiétant : le sondage ne confirme pas l’analyse, mais c’est le sondage qui est analysé, ne confirmant rien du tout. Et remarquez bien qu’il y a de moins en moins analyse, ou alors de plus en plus creuse.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, à mercredi prochain, et d’ici là je vous emmerde %