Que la nuit soit bonne

Publié le par Lukaleo

     Robert parcourait cette sombre rue stratosphérique, taciturne, il était impassible, il était trois heures du matin. Voilà précisément un an que sa compagne, Sylviane, l’avait âprement contraint à déserter le domicile conjugal pour une raison dont l’originalité ne puis faire fléchir la Tour de Pise; le pauvre homme délictueux de sa personne, réintégrait en effet depuis quelques temps le logement matrimonial sans ne point abreuver toutes narines averties d’une odeur luciférienne de vinasse pestilentielle propice aux plus improbables impulsions équivoques de putrides nuées de ce qui conviendrait de dénommer, épuration. Mais le pauvre homme avait tragiquement sombré dans la médiocrité depuis qu’il était un vulgaire ouvrier, c'est-à-dire, depuis toujours ! Sa femme l’avait ainsi exhorté à partir loin, loin, loin et de jamais ne revenir !

     Aimant sa femme, jamais il n’était retourné dans son ancienne demeure que son souvenir conservait pourtant dans sa traumatisée mémoire forcenée.

     Il était alangui, il était trois heures trente du matin, et Robert cherchait où dormir. En réalité, Robert n’avait pas dormi depuis que sa femme l’avait délogée ; il n’avait pas dormi depuis un an. Robert se refusait à dormir dans la rue car il était parano et sa timidité maladive l’asphyxiait et l’empêchait d’oser solliciter l’hospitalité à quelques individus que se soient. Mais en réalité, ces questionnement susnommés faisaient plutôt figure d’inexistants car, l’homme était affublé d’un syndrome d’une sombre signification. Effectivement, Robert était tellement obsédé par l’idée de savoir où dormir, qu’il ne dormait pas. Pourtant, il semblait heureux, il était quatre heures moins le quart du matin. Une intuition, un présage, une vision, nul ne le savait ; il était quatre heures du matin, Robert était plongé dans un profond repos……..un repos éternel !

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