La transe éternelle

Publié le par Lukaleo

     Les giboulées de Mars continuent leur marche funeste tandis que moi, Ronchon, terrifiant théoricien triomphaliste à plus d’un titre de la toxicité des tout-à-l’égout tout-puissant et tragi-comique titulaire traditionaliste des traînantes traînées traîne-savates, tordu torpilleur toussotant des topographiques toquards torche-culs et tiraillant tortionnaire taciturne de la timide tiédeur théologique des ternissant terroristes terrassiers, et enfin chef de fil rabat-joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité, j’ai décidé de détruire en cette chronique l’impression de supériorité qu’ont la France et les français sur les autres. 

 

     Il n’y a de cela que quelques semaines, Jacques Chirac, le président de la République française, affirmait, dans une déclaration d’amour attendrissante à laquelle j’ai été le premier à succomber, qu’en plus de ne pas avoir fini d’étonner le monde, la France n’était pas un pays comme les autres. Alors vous allez penser que c’est vrai, notre contrée comme toute les autres d’ailleurs, n’est pas comme les autres. De même, le Myanmar et les Iles Faeroe ne sont pas des états comme les autres.

 

     Mais dans la bouche de celui qui dirige le pays en question, le fait que sorte cette phrase soulignant la différence de la France par rapport aux autres nations veut dire qu’en fait, le pays des Droits de l’Homme n’est pas que différent, mais surtout qu’il sort du lot, et qu’en sommes, il est au dessus.

 

     Alors évidemment, je trouve qu’on s’approche plus du chauvinisme patriotard que de la réalité. Car selon moi la plus stricte vérité, c’est que, certes la France à une histoire longue et fascinante, certes elle a changé le monde, à été de tous les grands événements, est une puissance économique incontournable, possède un patrimoine culturel et un mode de vie unique au monde. Donc bien sûr, la France est différente. Mais pas supérieur. La véracité la plus parfaite, c’est que la France est une nation particulière. Je dirai même particulièrement particulière.

     Mais de là à dire que c’est un pays qui du haut de ses deux milles ans d’histoire, et de sa particularité incomparable teintée d’une incontestable puissance avantageuse est supérieur je dis stop. Ce n’est pas parce qu’il y a bientôt trois siècle nos aïeux ont pondu une déclarations fondatrice qu’il faut qu’on se prenne pour les défenseurs de la dignité humaine.

     Et puis, sans vouloir rentrer dans l’alarmisme qui me caractérise, notre bonne vieille  France, elle ne va pas très bien, voir mal, en tout cas au point que les « notre pays est différent donc on peut se permettre de faire n’importe quoi », on devrait les ranger. Car on ne peut pas débarrasser quelqu’un d’une tare si celui-ci ne se remet pas en cause. Il serait donc bien temps de se débarrasser de ce langage pseudo gaulliste qui nous empêche d’avancer et de faire les réformes qui permettraient aux choses de mieux marcher.

     Il ne s’agit donc pas de dire que la France est un pays de merde où tout est mort, qui a une histoire aussi risible que celle de l’Islande, il s’agit d’arrêter de penser que la France éternelle en a vue d’autres (ce qui n’est pas foncièrement faux) et que le bon Dieu viendra au secours de celle qui se trouve être sa fille aînée (ce qui me laisse des doutes) et que du coup, on ne change rien, que tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles. Continuons à perdre des parts de marché de l’argent et du prestige, tout finira bientôt par s’arranger, de toutes façons, ne l’oublions pas, la France n’est pas un pays comme les autres. Elle n’a pas besoin de se battre et de faire des sacrifices pour être compétitive dans certains domaines et absente dans des domaines où elle ne peut plus l’être.

     En continuant comme cela, nous courrons droit dans le mur. La France est particulière, sa spécificité peut-être glorieuse c’est vrai, comme elle peut-être intolérable, comme le fait qu’en 2002 un représentant de l’extrême droite fasciste soit au second tour de l’élection présidentielle ou que dans celle qui se prépare, 5 candidats de l’extrême gauche stalinienne soit sur la ligne de départ est fasse en tout prêt de 10 % des intentions de votes. Alors oui, c’est la France n’est pas un pays comme les autres, et y’a pas toujours de quoi être fier.

                              Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, à mercredi prochain et d’ici là, je vous emmerde !

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Publié dans Chroniques de Ronchon

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