CSA cessez-ça !

20 c’est plus que le numéro du siècle précédant le nôtre, c’est avant tout le numéro de cette chronique, et moi, Ronchon, chatoyant char chauffant chargeant les champêtres champions du charlatanesque charabia chaloupé, chaste chaînon chevronnée chassant les chaudes chausses chaumards et chef de file rabat joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité, j’ai décidé de critiquer la régulation du CSA imposant l'égalité de temps de parole entre les candidats.
Parce que franchement, faut pas exagérer. Il est évident que l’organisme qui gère d’un point de vue télévisuel la campagne électorale (moment non négligeable dans la vie d’une démocratie) doit lutter pour qu’aucun candidat ne monopolise la parole au détriment des autres, en influant d’un façon bananière les votes de chacun.
Il ne faudrait pas non plus que soit oublié de la campagne les candidats plus petits, au profits des plus gros. Je suis bien d’accord. Mais de là à faire en sorte que le candidat du PS ou de l’UMP ne parle pas une seconde de plus que celui du PT ou du MPF, je crois qu’on frise la schizophrénie. D’autant plus que c’est presque anti-démocratique : les électeurs de Gérard Schivardi (qui doivent être six en France) sont beaucoup plus avantagés que ceux de Royal (des millions de personnes) puisque les six auront les mêmes armes que les millions.
Or la démocratie, c’est la loi de la majorité sur la minorité, et le maçon communiste du sud, c’est la minorité, il est donc anormal qu’il parle autant que Royal.
Et puis il faut y penser : il y a dans cette campagne 1 candidat fasciste (Le Pen), 2 candidats de la droite dure (Sarkozy et Villiers), 1 centriste niniste (Bayrou), 1 socialiste mitterrandolâtre (Royal), 2 pseudo écolos inclassables de merde (Voynet et Nihous) et pour finir 5 communistes staliniens (Buffet, Laguiller, Bové, Schivardi et Besancenot).
En allant donc au bout de la démarche du CSA, il y aura un oligopole obligé des marxistes stakhanovistes, qui plus nombreux que les autres, mais parlant le même temps de parole que leurs adversaires, mèneront la campagne dans un raz-de-marée rouge.
On assiste donc à une inversion entre ce qui est voulu et ce qui découle de cette égalité du temps de parole : les communistes parleront plus que les personnes sensés, pesant portant moins que celles-ci.
Mais surtout, les chaînes de télévision assujetties au CSA, ne vont pas organiser un débat entre les candidats, où les français pourront se faire une véritable idée de ce qu’on leur propose. Ce serait trop risqué, ça part dans tous les sens, et il y aura forcement un candidat plus en verve qu’un autre pour qu’il parle deux seconde de plus qu’un autre. En outre, qui dire d’un duel Laguiller Sarkozy dont la simple évocation me fait pouffer.
Les chaînes préfèrent donc passer des émissions où le candidat est seul, en face d’un journaliste (qui ne peut pas se permettre de lui tenir véritablement tête, à moins d’être suspendu trois mois) et la présidentiable parle de son programme sans le « contre-pouvoir » d’un débat. Résultat, que ce soit Sarkozy, Bayrou ou Sarkozy, on a toujours envie de voter pour l’un quand on vient de la voir deux heures de suites sans la moindre répartie.
Cette situation est donc inverse à l’égalité requise par le temps de parole, d’autant plus que les trois favoris auront plus de chance de parler une heures, 39 minutes et 29 secondes en prime time, alors que le chasseur chauve qui donne son portable à tout le monde passera une heures, 39 minutes et 29 secondes à trois heures du matin, en même temps que le concerto pour piano n°23 de Mozart sur ARTE.
Une belle mascarade que cette égalité, car de toutes façons, les électeurs peuvent très bien se permettre de se renseigner, de lire et de comparer les programmes de chacun des candidats, et ne vous inquiétez pas qu’ils se feront bien une idée, et ne me faite pas croire que quelqu’un hésitera profondément entre Buffet et le Pen parce que l’un parlera trois seconde de plus que l’autre. Le seul véritable résultat de cette décision est inverse à l’effet qu’elle comptait produire, elles supprime l’essence même de la politique et de la démocratie : le débat.
Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, à mercredi prochain et d’ici là, je vous emmerde !