Croix de lorraine gammée

Maintenant nous le savons, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont au second tour, et dans quelques jours l’un de ces deux sera président de
Car en effet, les insultes ne manquent pas pour qualifier ces deux personnes, qui, rappelons-le, doivent être d’une extrême intelligence pour en être là où ils en sont aujourd’hui. Si mon machisme est aussi grand que le score de Gérard Schivardi est petit, la galanterie m’oblige tout de même à commencer par Madame Royal. On l’aura accusé d’être d’une furieuse connerie, de ne pas pouvoir gouverner, et avant toute chose de ne pas pouvoir gagner. Je m’esclaffe devant de tels arguments, et en particulier sur le dernier, car ceux qui disent qu’elle ne peux pas gagner et qu’elle ne peux pas gouverner, sont précisément ceux qui disaient que sa soudaine popularité n’était qu’un feux de paille, puis qu’elle se ferait écraser dans les débats du parti socialiste, puis qu’elle ne serai même pas au premier tour à cause de François Bayrou (et j’en faisais partie lorsque j’ai écrit ma première chronique, ce qui me fait moins rigoler). Or, toutes ces prévisions se sont avérées fausses : la candidate, aussi socialiste soit-elle, a montré une force de caractère remarquable qui lui a fait passer chaque étape de cette difficile élection. Plus grave encore que pour Ségolène, les accusations faites à Nicolas Sarkozy. Sans faire du sarkozysme primaire, il me semble qu’il ne faudrait pas non plus tomber dans de l’anti-sarkozysme primaire, qui consisterait à dire que le candidat de l’UMP est un fasciste ou un raciste. Vraiment, je ne suis pas sarkozyste, je le méprise même (je suis Ronchon après tout), mais je suis quand même né dans les années soixante…1860, je veux dire, et la longévité qui est la mienne m’a permit de connaître plusieurs formes d’extrémismes nationalistes, et je peux vous dire que, si le sarkozysme n’est certainement pas une doctrine humaniste, c’est tout sauf du fascisme. Sarkozy, et le chef de file d’une droite décomplexée, libérale et fier de l’être conservant quelque penchant conservatiste et traditionaliste bien naturels pour les héritiers du gaullisme, bref, ça n’a rien de fasciste.
Alors bien sûr, Sarkozy à durcit son discours, il s’est rapproché de sa droite lepéniste en mettant sur le devant de scène des valeurs d’identité nationale, d’ordre, et d’immigration, c’est vrai, et en faisant même au passage une petite bourde eugéniste sur les pédophile et les suicidaires. Mais sur le fond, il reste farouchement opposé à la peine de mort et est pro-européen. Le fait que les gens de gauche ne soient pas d’accord avec son programme de droite est bien normal, et c’est même nécessaire, mais dire qu’il s’agit d’un néo-nazis en puissance est faux, voire dangereux : en plus de caricaturer outrancièrement les idées de Sarkozy, (soutenues par Simon Veil) au point de les changer complètement, cette attitude haineuse montre l’impuissance des socialistes, qui se sachant moins forts sont prêts à tout pour discréditer leur adversaire, au point de se discréditer eux-mêmes, ridicules qu’ils seront devant un Sarkozy, qui la larme à l’œil dira avec son regard de chien battu : « Pourquoi tant de haine ? » Ce qui est même beaucoup plus grave dans les accusations graves que l’on fait à Sarkozy, c’est qu’au-delà de dénaturer le sarkozysme, elle détourne le fascisme de ce qu’il est vraiment : une doctrine d’extrême droite belliqueuse qui en Allemagne et en Italie ont fait des millions de morts, supprimant toute libertés fondamentales, et conduisant les peuples à la guerre ou à l’extermination. Sarkozy est au pouvoir depuis cinq ans, et s’il était fasciste, je serais mort depuis longtemps, s’il était raciste, on trouverait certainement moins de gens de couleurs différentes dans les rues (ce n’est pas le cas) et dans ses meetings.
Ceux qui disent de pareil abomination pense faire de l’information mais ce n’est que pure délation, qui ne font plus de Mussolini, Franco et Hitler les horribles dictateurs qu’ils furent : quel crachat au visage de l’Histoire et de leur victime ! Alors oui, pourquoi tant de haine ?
Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, à mercredi prochain et d’ici là j vous emmerde !