Chapitre 22

Publié le par Lukaleo

     A peine était-il sortit de cet appartement où c’était passée cette scène effroyablement bouleversante, qu’il se sentit de nouveau observé de par l’intérieur de la porte d’en face. Brusquement celle-ci s’ouvrit, tandis qu’une horde de sorte de CRS sortit de l’appartement, hurlant un cri de guerre abominable et tenant boucliers transparents, battes de base-ball bleue marine, gilet pare-balle noir, capuche de laine brodée, casques inébranlables, du noir sous les yeux pour foutre le frousse à la proie, bref, la totale.

      Patrick fut tellement étonné par ce déploiement explosif d’hommes armés jusqu’aux dents, qu’il ne pensa pas que c’était pour lui. Les deux premiers stipendiés firent tomber à la renverse Patrick à l’aide de coups de pieds pour le moins violents. Une fois notre ami au sol, tous les mercenaires l’entourèrent et l’observèrent lmdq-22.JPGdans les yeux plusieurs secondes. A un moment, l’un des hommes fit un signe de la main totalement indescriptible et quatre de agresseurs prirent Bijote par les deux mains et les deux jambes. 

     Ensuite, on descendit Patrick par les escaliers. Tandis qu’on les dévalait avec la rapidité du lièvre, Patrick eut le temps de voir un court instant l’un de ses représentant du désordre défoncer la porte de sa fille. Mais, juste après, il était trop tard, on était déjà passer à un autre étage. Patrick voulait se débattre pour aller donc voir se qu’on voulait à cette pauvre enfant. Mais il n’y faisait rien, c’était trop tard.

      Une fois dehors, on jeta Patrick dans un camion noir gigantesque comme on aurait jeté de la défécation dans un dépotoir. On ferma la porte avec une rare violence, et c’est dans un fracas assourdissant qu’elle se verrouilla. Puis le camion démarra, bousculant avec une bestialité rarement observée notre ami d’un bout à l’autre des murs de sa cage. Au bout d’un quart d’heure, qui durèrent des heures pour Patrick, le camion s’arrêta, plusieurs secondes de silences, qui parurent des minutes pour Bijote.

     Puis, un bruit. Une sorte de sifflement, qui, presque inaudible lorsqu’il débuta, devenait de plus en plus criard et sourd. Et là, dans le noir, une odeur, presque agréable, un vent désirable, se répandit dans la pièce. Respirant à plein nez cet arôme inconnu pour lui, Patrick sentit une fatigue l’accabler de sommeil, ce qui était bien normal, dans la mesure où l’anéantissement d’un homme n’est jamais synonyme de suractivité. Il bailla, clignait des yeux à une vitesse croissante, baissait la tête, une envie irrésistible et inaltérable de dormir l’envahit et le submergea peu à peu. Il se couche, et malgré le bruit tapageur que produisait l’émission de ce qui devait être un gaz, Patrick partit, songeur, dans le monde des rêves, tandis, qu’au dehors, ses cauchemars se préparaient.

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Publié dans Le mémorial de quand

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