Chapitre 29

Publié le par Lukaleo

     A cette réponse, Philibert laissa tomber son couteau par terre, il lâcha Maud qu’il tenait encore par les cheveux, leva la tête vers le ciel, et dans une jouissance résultant d’une sécrétion accrue de lmdq-29-bis.JPGdopamine, il fit une grand « Aaaaah » de soulagement parfaitement éclatant, bien que l’on ne puisse pas encore le comprendre.


    
Laissant se tête dirigée vers les nuages lactescents (ou plutôt vers le plafond dégueulasse), il tomba sur les genoux. Une intense sensation de bonheur se lisait sur ce visage à présent soulagé et presque féminin, si on enlève la moustache. Patrick était presque content d’avoir rendu un homme si heureux, et il pensait presque avoir fait sa B.A. quotidienne. Maud, choquée, la tête posée sur le sol ne comprenait pas, elle était tout à fait terrifiée et ne se rendait pas compte de sa mésaventure encore trop récente.

     Philibert, ne se laissa pourtant pas envahir par le ravissement trop longtemps et sa conscience professionnelle reprit vite le dessus. Il se souleva, prit son téléphone portable de la poche droite de son pantalon, et tapa un numéro. Il mit le portable contre son oreille, et dit le code, d’une voix pleine de satisfaction et une grande fierté sonore :

      -38, 06, 22, 15, 15, 22.

     A peine eu-t-il raccroché que son portable sonna, il répondit embarrassé par le manque de panache de cette réplique pirouette :

     -Oui allo !...Ben oui, c’est le code…Le code qu’on cherche, je vais pas t’expliquer ! 

    Il y avait un silence, on entendait juste des petits bruits, mais pas suffisamment pour comprendre ce que disait l’interlocuteur. Philibert reprit la parole en tournant autour de la table et en jetant des regards à la fois mesquins, moqueurs, haineux et complices à Patrick :

     -Oui, il me l’a dit le salaud, mais il a mis le temps. Quoi ? Que je te répète le code ? Mais je m’en souviens plus ! T’es vraiment con ! Patrick, c’est quoi le code déjà ? demanda Philibert en tendant le portable au grossiste en électricité assit sur la chaise :

     -38, 02, 26, 15, 12, 25 ! cria celui-ci.

     -C’est bon, reprit le moustachu, tu l’a bien noté ?

     A cette instant, Philibert prit la position d’un supporter de foot lors d’un penalty, il plia les jambes, fermait les point tordait son dos, et faisait une grande grimace avec son visage (ce qui est difficile à faire avec autre chose). Il attendait, en disant de ponctuel « vas-y, appuis », qui brisaient le silence impatient et lourd de la pièce.

     Puis, il se redressa :

    -Il est mort ?

    Un bruit dans l’écouteur.

    -Il…il n’est pas mort ? Mais enfin vas-y réessaye, mais enfin BORDEL DE DIEU RECOMMENCE !!!!

     La panique s’emparait de lui, il sautillait de toute part, criait de plus en plus fort, perdait totalement le contrôle de lui-même. Puis, avec un visage rouge, il jeta par terre son portable violement, voyait qu’il était quasiment intact, il se jeta sur lui, l’écrasant de toutes ses forces de sa jambe dévastatrice tandis que Patrick disait à Maud de partir de la pièce, car des choses pas très catholiques allait se passer. 

     Une fois l’appareil téléphonique dont nous ne serons que trop critiqué la fragilité fut  totalement détruit, Philibert se retourna et regarda de ses yeux exorbité Patrick. Il se mit à courir dans la petite pièce vers lui, et prit au passage le coteau, par terre, puis il se darda, s’envola tel un aigle, la lame dans la main, et semblait s’approcher dans les airs de plus en plus de sa cible, avec qui il voulait en finir coûte que coûte, quitte à le découper en petits bouts, comme son portable. 

     Mais à l’instant où, au paroxysme de son envolée magistrale, il  brandissant larme mortifère contre Patrick, Philibert fut stopper en plein vol, car de la glace sans teint qui se détruisit en mille morceaux, comme le portable, sortit l’homme mystérieux, qui se saisit d’un Philibert surprit. La confrontation aérienne ne dura qu’un temps, et les deux hommes qui s’enlacèrent avec haine retombèrent pitoyablement sur la petite table, dont les pieds ne purent résister face au choc et à la surcharge causée par le poids de ces deux mâles. Elle se renversa donc, entraînant avec eux Philibert et son agresseur, tandis qu’un des pieds de la table tomba précisément dans les goussets exhibés de notre Patrick. 

     Une fois par terre, Philibert tenait de sa main droite le couteau, et il le brandissait vers le cœur de son ennemi du moment. Celui-ci n’avait pas perdu la tête, l’empêchait de le lui planter entre les côtes en retenant ce membre dangereux au niveau du poignet. Les deux hommes se regardaient dans les yeux, couchés l’un sur l’autre, et Philibert semblait prendre le dessus, car le couteau semblait s’approcher du buste de son opposant, pire, il le touchait, une goûte de sang sortait même de celui-ci, la lame commençant à peine à le pénétrer. 

     Tout semblait perdu pour celui qui avait miraculeusement volé au secours de Patrick, et alors que Philibert voyait déjà sa victoire, que l’homme voyait sa mort de plus en plus certaine, que Patrick, attaché, fermait les yeux pour ne pas voir son dernier espoir de survie périr d’un coup de couteau dans le coeur, Philibert vit passer devant lui sa corde, et c’est avec une grande rapidité qu’elle se mit autour de son cou et qu’elle le serra fortement. 

     C’était Maud qui l’étranglait de cette ficelle tortueuse. Philibert se souleva, se débâta, et de ses mains il tenta d’enlever de son cou cette corde qui l’étouffait, mais Maud tenait bon, elle ne lâchait pas l’affaire, et secouant tout son corps, en hurlant, en suant, et en pleurant, il succomba, étranglé, pendu dans cette pièce qui était son entre, sa vie.

Publicité

Publié dans Le mémorial de quand

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article