Assouvissement léthargique

Publié le par Lukaleo

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Subissant de plein fouet la terrible vengeance des culs-de-jatte unijambistes, je ne peux pas écrire cette quarante-septième chronique avec la froideur scientifique qui me caractérise habituellement dans la construction sartrienne de mon propos délétère. Cependant, moi, Ronchon, chef de file rabat-joie de la lutte contre l’optimisme et la jovialité, je suis de ceux qui peuvent écrire le pamphlet le plus accusateur dans les plus inopéables conditions. C’est la raison pour laquelle vous êtes d’ailleurs en train de me lire, avec je suppose modestement, le frétillement émotif des liseurs bouleversés par tant de beauté. Mais continuons….

       « Le test ADN, c’est dégueulasse ! » Depuis le 18 juin dernier, j’étais tel un gourmand dans une confiserie, à l’attente impatiente du clash inéluctable : Fadela Amara devait inévitablement à un moment où à un autre faire des siennes ! Depuis des dizaines de semaines longues et harassantes, je concluais chacune de mes chroniques hebdomadaires avec la pointe d’humour cynique qui consistait à se demander quand le duo Boutin-Amara allait craquer. Or, du fait de son indignation, et de la noble expression qui en découle, Amara vient de donner un coup de poing à la solidarité gouvernementale qui impliquait qu’elle devait être d’accord avec ses collègues ministres. Certes, ça a tenue quelques mois, mais les affaires commençant, les ministres d’ouverture, s’ils avaient encore au fond de leurs cœur une once de certitude idéologique, qu’on appelle « conviction », allaient forcement devoir ne pas être en accord avec les mesures du gouvernement Fillon. Et c’est l’ADN, certainement l’amendement le Fadela Amaraplus emmerdant de tous les temps qui a mit fin à la douce ambiance de franche camaraderie qui régnait dans ce gouvernement, qui fait paradoxal, est composé d’idéologues maurrassiens, à la Boutin, et d’énervés du village, à la Amara.

       Autrement plus intéressent que par le positionnement politique de la secrétaire d’État et la formule grammairienne utilisée pour l’exprimer, cette phrase est certainement l’un des évènements le plus intéressent du début de mandat sarkozyen, au sens où il peut donner comme un La mozartien. Soit le président appliquera le sacro-saint adage selon lequel un ministre « ça ferme sa gueule ou ça démissionne », comme le pense d’ailleurs toute la gauche et toute la majorité présidentielle, ou alors, il instaurera véritablement une rupture, qui me paraîtrait réjouissante à première vue en expliquant avec la limpidité Nietzschéenne qui le caractérise que Fadela « est remarquable », et que dire ce qu’elle pense est son « droit le plus absolu ». Dès lors, la solidarité gouvernementale serait morte, et l’ouverture ne serait plus qu’un infâme infime rideau de fumée, et elle serait dès lors coiffée telle calvitie par moumoute, par le triangle limpide d’un sens. C’est d’ailleurs ce qui semble se produire puisqu’il semble en effet que Fillon renouvelle son indéfectible confiance à la secrétaire d’État en question. Mon intervention se termine ici, j’ai dit ce que j’avais à dire, et je vous la souhaite bien bonne !

Voilà c'est tout pour aujourd'hui, à mercredi prochain, et d'ici là, je vous emmerde !

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Publié dans Chroniques de Ronchon

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