Chapitre 2

Publié le par Lukaleo

      A Boën, il est une question que tout le monde se pose, Patrick Bijote est-il un grossiste en électricité qui fait de la bande dessinée pour arrondir ses fins de mois, ou est-il un dessinateur de bande dessinée qui fait de l’électricité pour survivre ? Là-dessus, chaque villageois à son opinion, et c’est la source de nombreux débats, parfois très animés (on en est déjà aux mains en parlant de ce personnage).

     Mais il faut dire que c’est un homme assez intriguant. Sur le papier, si je puis dire, il n’a rien de bien méchant. Marié avec Stéphanie, une femme de 45 ans assez bien conservé et par ailleurs très sympathique, il a deux enfant Maud et Loïc. La première, majeure depuis peu est partit dans la lointaine et gigantesque ville de Saint-Étienne, faire des études, dans l’art. Depuis son départ, le père et la fille n’ont pas bien eu l’occasion de se voir, à part quelque après-midi, certains dimanche ensoleillés, des choses assez sommaire en sommes.

     Loïc, lui n’a encore que seize ans. C’est un jeune garçon comme il y en a tant d’autres. Il a du poil au menton, une moustache naissante et piquante, un appareil dentaire (un « râtelier » comme dit Patrick)  et c’est mit avec du gel et de la laque une mèche à la Tintin, bien que plus pointu, sur la tête. Ca lui donne un air terriblement con, mais il aime bien : « c’est à la mode », rappelle-t-il à ses parents.

     Patrick est un père assez juste, ses enfants sont bien élevés, il aime comme beaucoup la blanquette de veau, il va à la messe régulièrement juste pour ne pas éveiller le qu’en dira-t-on, alors qu’il ne croit pas en Dieu comme tout le monde, il va au marché, dit bonjour à la boulangère, ne roule pas trop vite et aucun comportements bizarres n’ont été repérés par les vieilles qui se sont chargées de l’observer jours et nuits. Et pourtant, tenez vous bien, il n’est pas très intégré dans le village, il a sa place, mais n’a pas été assimilé aux autres villageois, il est à part. Et pourtant, il est né à Boën et y a grandit, ne l'a pas quitté plus d’une semaine. Et quand il se permet de le rappeler aux quelques sceptiques sur sa personne on lui répond :

     -C’est ça, c’est ça !

     Bref, malgré son origine pure souche, tout le monde se tait quand il entrait dans un bar, ou dans une presse. Mais il est aimé, respecté, tout ça, pas de problème, mais on le met à l’écart. Serait-ce ses opinions politiques ? De droite par conviction et de gauche par ambition, non, tout le monde est comme ça. Il lui arriva d’avoir quelque dérive sectaire, nationaliste, voir xénophobe, mais ce n’est pas à Boën que ça peut lui jouer des tours, tout le monde est raciste là bas ! Il lui arrive d’avoir quelques réflexions à la limite du marxisme, mais comme tout le monde, hein, bon.

 

     Ce ne pouvait pas non plus être le sport. Il aimait le foot ! Quoi de plus banal ? En plus, il en pratiquait, avec l’équipe des seniors de son village. Et il ne jouait pas trop mal. Peut-être était-ce sa situation professionnelle. Il avait en effet trouvé une combine lui permettant de ne pas travailler dans son entreprise tout en ayant un salaire deux fois plus important que si il travaillait, et en ne pouvant pas se faire licencier pendant trente ans. Une situation aussi enviable devait faire des jaloux, du moins le pensait-il. Mais voici que Patrick rentre chez lui sifflotant un air de Brassens après avoir acheté le pain et son journal régional, le « Coin-coin de Boën »…

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Publié dans Le mémorial de quand

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S
C'est génial, superbe, rigolo et bargeot ... JJ'aaaaaaaadddddddddddddddoooooooooooooooooorrrre !<br /> Je vais revenir suivre les aventures de Patrick !<br /> Bravo ! Ca change un peu ... ;o))
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L
Aaaaaaaaaaah!!! Voila une digne personne qui a du goût!!!