Chapitre 5

Publié le par Lukaleo

    Patrick dort peu. Trois ou quatre heures par nuits lui suffisent largement. Bien sûr, il a des cernes gigantesques sous les yeux, des boutons de fatigues increvables dans la bouche et des rhumes ou des migraines qui peuvent durer six mois, mais ce n’est pas un homme à faire la grasse matinée ni à se coucher comme les poules.

 

     Bayant, il s’était levé seul dans son lit vide, vers huit heures du matin. Mettant une robe de nuit, il se levait. Sa femme, comme tout les samedi matin, faisait son jardin, derrière la maison, après avoir couru et porté des alter, tandis que son fils dormait. 

     Patrick, nettement moins sportif et dormeur, se regardait souvent dans la glace le matin. Il était fasciné par son visage, non pas parce que celui-ci avait quelque chose de particulier, mais parce qu’en fixant son propre regard dans la glace, Patrick avait au bout de quelques instants l’impression troublante de regarder une autre personne.

     Ce matin là tout particulièrement, Patrick était dubitatif, et dans sa salle de bain, il approcha son visage du miroir, fasciné et absorbé par son propre reflet, qui semblait se libérer et prendre son indépendance, en vivant de lui-même. Continuant à s’approcher, Patrick avait la gueule d’un type qui se fait hypnotiser. Son nez aurait percuter la froide surface du miroir si le souffle poussiéreux et dévastateur d’une explosion venant de l’extérieur de la maison ne l’avait pas sortit de sa rêverie narcissique.

     Projeté en arrière par cet évènement impétueux, Patrick revint à lui-même en voyant dans sa maison, des feuilles, des meubles et tout un tas d’autres choses qu’on trouve dans les chaumières ordinaires, renversées, envolées, projetées par terre. Se relevant avec difficulté, il s’empressa de remonter dans sa chambre prendre ses pantoufles, prenant conscience du même coup de l’étendue du désastre matériel qui régnait dans sa maison.  Pas de doutes cela venait de l’extérieur, dans le jardin, là où se trouvait Stéphanie !

     Courant encore plus vite grâce à ses espadrilles douillettes, il redescendit dans le jardin. Devant lui se trouvait maintenant l’odieuse face d’un cratère béant, d’où avait du partir la pétarade. Sous la fumée qui en sortait, Patrick puit voir Stéphanie sans vie, par terre, au milieu des patates.

     -Oh mon Dieu ! cria-t-il.

     Alors, avec la main posée sur son front, et la gueule d’un des figurants de Rencontres du troisième type qui regarde François Truffaut jouer du piano aux extra-terrestres, il s’approcha du cratère. C’est bien simple, il y avait un trou, énorme, qui insultait Patrick de son vide terreux et fumeux.

     A coté de l’entonnoir géologique qu’on devait souvent trouver dans les champs de bataille du vingtième siècle après les bombardements, alitait par terre Stéphanie, assommée qu’elle était. Patrick s’approcha d’elle, se mit sur les genoux ; lui souleva la tête, et lui mit avec délicatesse de petites tapettes :

     -Chérie ! On se réveille aller !

Stéphanie ne se réveillant pas, ces petites tapettes se transformèrent vite en d’énormes roustes douloureuses :

     -Bordel ! Elle va se réveiller la vieille !?

     Mais rien n’y faisait, elle ne se réveillait pas. Patrick eut alors une idée. Il alla dans son garage, prit un seau de peinture vide, le remplit d’eau, revint dans le jardin avec le lourd chargement, en en foutant la moitié par terre. Arrivé auprès de Stéphanie, inerte, Patrick balançait le contenu du récipient sur le visage inanimé de son épouse. L’eau fraîche se déversa sur le beau visage de celle-ci, sans que ça ne la réveille pour autant.

     Restant de l’eau, Patrick projeta le reste, mais dans sa furie et son appréhension bien compréhensible, il échappa le seau tout entier qui se fracassa violement contre la tête de Stéphanie, par ailleurs toujours aussi évanouit. Il fallait régir : Patrick retourna à l’intérieur de sa maison. Courant il alla dans la chambre de son fils, le réveilla en hurlant à la mort :

     -Debout !!!!

 Loïc, le cœur battant tellement la surprise fut grande de se faire sortir de son sommeil de pierre, se demanda où il était, quelques secondes avant de revenir à lui.

     -Appelle les flics !!! lui cria alors son père.

     -Mais pourquoi ? demanda-t-il mollement

     -Mais tu n’as pas entendu qu’on a fait exploser une bombe ou une météorite dans le jardin, espèce de petit con ?

     -Hein ?

 

     Refusant de répondre, Patrick alla dans la salle de bain, chercher dans la boîte de pharmacie, divers produits susceptibles de réveiller la pauvre Stéphanie de son coma persistant. Revenant dans le jardin avec ce qui lui était tombé sous la main,  Patrick ne pu s’empêcher de crier sa surprise devant ce qui l’attendait…

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Publié dans Le mémorial de quand

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S
wahou!! moi je l ai lu cet apres-midi cet extrait de mon futur mari...tu es inpressionant mon chti Lucas (comme dirais calonier tu as une presence formidable..) bon j arrête de faire ton eloge vous etes super doués continuez....<br /> <br /> <br /> bisous les ecrivains...kissou
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L
Bon comme je sais pas quoi répondre je ne répond rien. Voilà c'est tout ce que tu mérites, merde à la fin!<br /> PS: Lucas t'embrasse mais pas trop à cause de ses champignons buccaux.