Chapitre 13

Publié le par Lukaleo

      Patrick était essoufflé, frigorifié, mouillé jusqu ‘à la moelle (et c’est peu dire). Malgré la douleur que ses pieds nus ressentaient au contact du goudron, il courait de plus en plus vite, et rattrapait la mystérieuse personne, qui avait auparavant pénétrée chez lui, et qui était toujours devant. La pluie glacée et abondante ne ralentissait pas la course qui était engagée. Patrick désirait ardemment rattraper cet homme en noir, et ce dernier l’avait compris. Et il ne tenait pas a revivre l’avoine qu’il avait subit de la part de Patrick.

     La chemise de nuit que portait le poursuivant n’était pas de très bonne facture pour l’exercice qu’il pratiquait, cependant, sa rage, son envie de savoir qui était cet homme était très, trop forte. Et son corps semblait répondre à cette envie en se surpassant, et en fournissant un effort, que Patrick n’avait jamais enregistré auparavant. « Si au foot, je pouvais courir aussi vite ! » pensait-il, rageur. Cela dit, l’homme à la drôle de voix courait lui aussi très vite.    

  

     Voyant cela, Patrick, se rendit qu’il compte tenait en ses mains la batte de base-ball de son fils. Alors, dans un sursaut d’orgueil magnifique, dans un geste fou, il la lança grâce à une force insoupçonnée, et un élan à faire rêver les plus talentueux sportifs, la batte. Celle-ci fût donc projetée dans les airs, monta haut dans le ciel, tournoyant comme une hélice d’avion, provoquant autour d’elle la création d’un fin filet d’eau, qui, mélangé avec les lumières des lampadaires était du meilleurs effet.

     Ensuite, quelques millièmes de secondes plus tard, Patrick se rendit compte, non sans surprise de la précision mathématique de son lancer : la batte retombât, en continuait son tournoiement indescriptible, avant de s’écraser violemment contre la tête de l’agresseur. Celui tomba sur le sol, comme les autres gouttes d’eau, d’ailleurs, ce qui n’a, disons le, strictement rien à voir.

     Alors, un peu plus tard, Patrick, essoufflé comme il ne l’avait jamais été, arriva devant celui qu’il avait terrassé. Avec fierté, il ramassa la batte, l’embrassa à l’endroit qui avait percuté avec la vitesse du Concorde la tête de l’homme masqué.

     Puis, il regarda le ciel – en ne voyant rien du tout, puisqu’il faisait nuit, et que la pluie gênait la visibilité – tout en mettant le pied droit sur son adversaire, vaincu.

     Ce n’est qu’après longues secondes qu’il décida de faire la chose pour laquelle il fit tout ce qu’il avait fait (si vous me suivez). Il retourna le corps de ce mystérieux agresseur, et lui enleva son masque noir, sous les yeux surpris de Philippe Caillot, habitant dans l’une des  maisons où se déroulait la scène, et qui s’était levé pour aller pisser.

     Le masque enlevé, Patrick découvrit le visage d’un homme normal, mais qui avait tout de même d’étranges lèvres, qu’on aurait pu attribuer à celle d’un noir ; cela dit, ce n’était pas les lèvres d’un noir, dans la mesure où tous les noirs n’ont pas des lèvres comme ça et où la personne en question ne l’était pas (noir). Autrement, le nez de cette personne, était aplatit vers la fin, comme celui des juifs, comme on a coutume de dire. Cela dit, ce n’était pas le nez d’un juif, dans la mesure où tous les juifs n’ont pas un nez comme ça, et où cette personne ne l’était pas (juive). Ses yeux étaient fermés et même s’il était bien rasé, le personnage assommé avait des joues bizarres, dans la mesure où les poils ne poussaient pas de partout. Il y avait encore autre chose qui étonnait Patrick, c’est dire si cet homme avait une étrange tête, tous ses cheveux s’écrasaient sur son front.  Alors Patrick redressa ses longues mèches noires, qui avaient été plaquées contre le front avec du gel et de la laque.

     Et là, notre héros vit une mouche, énorme, sortir de la tête, évitant les gouttes de pluie. A peine était-elle sortit, que la personne en noir toujours au sol, ouvrit les yeux mais ils étaient vides et tous les muscles de cet homme se relâchèrent. « Il est mort !» pensa Patrick.

     Mais la mouche revint se loger dans le front de la personne en question, et cette dernière se releva d’un coup, repoussant Patrick, surprit,  et elle repartit en hurlant :

     -Calomnies ! Mensonges ! avec les restes de photos  qu’elle avait dans les mains.

     Notre ami, lui, resta là, sous la pluie regardant fuir cet homme, essoufflé, mouillé, fatigué, tandis que derrière lui, sa femme et son fils accouraient avec des serviettes et un parapluie, sans savoir ce qu’il avait vu, puisqu’ils ne l’avaient pas vu.

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Publié dans Le mémorial de quand

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