Chapitre 15
Mardi débutait, Stéphanie et Loïc mettaient dans la voiture des tas de valises, tandis que Patrick les regardait faire, appuyer contre le mur de l’entrée de sa petite maison pavillonnaire. Il avait le cafard, et ne voulait absolument pas bouger pour aider sa compagne et son fils à monter le lourd chargement dans le véhicule. Il s’en foutait, « qu’ils partent » pensait-il rageusement, mais tristement.
Lorsque la besogne fût terminée, Stéphanie retourna vers son mari, l’embrassa, et lui dit une phrase lourde de sens, qui resta gravée à jamais dans la mémoire de Patrick :
-C’est bon, j’ai les clés !
Patrick dit ensuite au revoir à son fils, qui était visiblement ému. Ce dernier prononça ensuite un très émouvant « je t’aime, papa ». Patrick répondit par un très poétique « moi aussi». La mère et le fils montèrent
ensuite dans la voiture. Mais avant de démarrer, Stéphanie, ouvrit la fenêtre et sortit la tête :
- C’est bon pour ma prime, tes gars m’ont payée ! Dis leur merci de ma part !
A cette phrase, notre héros ne répondit rien, car il n’y avait rien, absolument rien, désespérant rien à répondre.
Patrick leva la main en l’air quand il entendit le moteur de la bagnole se mettre en branle. Sa femme ne sachant que très mal conduire, il se recula, craintif. Et il avait raison.
Les roues, tout d’un coup se mirent à tourner, et la voiture partit en arrière à une vitesse vertigineuse. Le véhicule se fracassa contre le mur de la maison, qui s’effondra autour de l‘impact, faisant chuter de même les meubles de l’intérieur. Patrick était affligé. Pourtant, la voiture repartit à l’avant, malgré les briques qui étaient sur le coffre, et qui tombèrent au fur et à mesure que la voiture s’éloignait. « Elle a toujours confondu la marche arrière et la première !» pensa Patrick, regardant l’étendue du désastre. Maintenant sa femme, et son fils cadet était loin, lui était tout seul, loin d’une vie qu’il voulait voir revenir…