Chapitre 27

Publié le par Lukaleo

     Philibert marchait autour de la chaise où était assit Patrick, et en même temps il faisait tournoyer autour de sa main droite le nœud de sa  grosse corde, qui ressemblait à ces espèces de grands serpents aux venins mortels et à l’estomac plus gros que le ventre.

     - Alors Patrick, ça va mieux ?

     Ce dernier se mit à tousser. Des caillots de sang sortir de sa bouche papillome qui n’était pas sans rappeler celle d’un paysan breton du milieu du XIIIe siècle.

     -Ah, c’est dur de se bloquer à ne pas dire ce que l’on sait. Je t’encourage à me le donner, ce code. 


Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le au moins pour les quelques six milliards d’individus que compte ce monde. Ou alors, dans la mesure où tu es totalement dépourvu de toute humanité, fais-le au moins pour ceux que tu aimes. Ta fille, par exemple !

     -Pourquoi est-ce que vous parlez de ma fille maintenant ? reprit Patrick d’une voix dont on sentait la souffrance et la difficile énonciation.

     Philibert semblait satisfait de cette réponse brève et inattendue :

     -Eh bien c’est fort simple, ta fille tu te rappelles qu’on lui faisait du mal lorsque l’on t’a capturé…

     -Mais enfin dites-moi qu’est ce qu’elle vient foutre dans cette histoire ?

     -C’est ta fille voilà tout, dit calmement Philibert, qui fit un signe de la main, qui fut suivit par l’ouverture de la porte. Derrière, Patrick vit avec une surprise et une désolation paternel sa fille bien-aimée, Maud. 

     Un homme l’avait attaché avec des ficelles faméliques et il avait mis sa main malpropre devant la bouche de la pauvre enfant sans défense, pour l’empêcher sans honneurs de s’exprimer. Quel terrifiant spectacle, qu’est-ce qu’un père pouvait dire devant ses yeux où se lisaient toutes la souffrances et l’incompréhension du monde ? Révolté de se voir dans cette posture délicate et humiliante devant celle lmdq-27.JPGqu’il considérait comme sa progéniture, Patrick voulait se libérer de ses chaînes, crier son ardeur et sa colère, pleurer sa douleur et sa grisaille, mais il se contentait simplement de fixer avec confiance le regard inquiet de Maud. Le point commun qu’il y avait entre les deux, c’est qu’aucun ne comprenait véritablement la tournure des évènements, leur différence c’est que l’un mimait de les comprendre et pas l’autre :

     -Ferme cette porte, Philibert, cette affaire ne regarde que moi et toi, dit le père, avant de dire à sa fille : c’est bon je contrôle parfaitement la situation ! 

    A peine cette phrase terminée que Philibert se servit du bout noueux de sa corde avec un  geste d’une grande habilité et révélateur d’une grande expérience, pour que l’objet percute avec une grande vitesse les fameux bijoux de famille qui étaient encore en suspension, en la faisant balancer en direction des deux cibles susnommées.

     -AAAAAAAAAH ! cria Patrick.

     Souriant, Philibert fit un autre signe et la porte se ferma, coupant de la vue de Patrick le visage terrifié de sa fille, qui resta alors sur cette ignominieuse et peu glorieuse dernière image de son père. Grimaçant, hurlant, grinçant des dents, secouant les jambes, celui-ci essayait d’oublier sa douleur physique et morale.

    -Alors mon ami, tu veux que l’on continue ? Je te propose un petit marché, un autre, si tu me dis le code, on fait comme convenu sur ton casier judiciaire, et aussi, on laisse ta fille saine et sauve. 

     Un long silence.

     -Sous-entendu, si tu persistes à ne rien nous donnez, ta fille tu lui rendras visite au cimetière de Boën, mais pas ailleurs.

     Patrick ne peut retenir ses larmes :

     -Mais elle n’a rien à voir la dedans !

     -Mais alors dis-moi ce putain de code ! hurla dans les oreilles de Patrick un Philibert exalté de colère abyssale et d’impatience trépidante.         

     -Mais puisque je vous dis que je ne le connais pas votre code ! cria encore plus fort Patrick, avant d’ajouter plus doucement : mais je vous en prie ma fille n’a rien à voir, ne lui faites rien…Pitié

     -Oh, c’est pathétique, non mais regarder-le ! T’es vraiment un gros salaud. En fait t’en a rien à foutre de cette gonzesse. Pour toi c’est qu’une connasse de m…

     -Je ne vous permets pas de parler d’elle  de cette façon !! Vous entendez ?! cria Patrick qui ne pouvait entendre de tel propos. Sa fille, même si n’était pas vraiment sa fille biologique, il l’aimait, il aurait pu donner n’importe quoi envers Maud, pire, elle était tout pour lui. 

     Mais à peine eu-t-il finit sa phrase qu’un coup de corde dans les aumônières se fit sentir :

     -AAAAAAAAAH !

     -On ne me coupe pas quand je parle Patrick, c’est clair ? questionna Philibert. Bon alors vu que tu n’a pas envie que j’insulte cette fille, on va parlez de choses sérieuse … 

     Il s’arrêta, se concentra longuement, on sentait dans cet instant de frustrations la préparation méthodique d’une ultime demande :

     -Patrick, quel est le code ?

     -Je ne la sais pas…

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Publié dans Le mémorial de quand

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