Chapitre 14
Pour ne pas laisser leur maison avec une porte béante, les Bijote eurent l’idée de mettre une armoire à l’entrée. Le meuble, que Stéphanie avait prit de sa grand-mère après sa mort, bloquait l’accès à la maison, et empêchait l’eau de pluie de rentrer dans le hall.
Loïc, Stéphanie et Patrick étaient tous les trois dans la cuisine en train de boire un chocolat. Toutes les fenêtres étaient fermées, les volets aussi, toutes les précautions avaient été prisent pour qu’aucun autre incident ne viennent troubler le repos nocturne de la famille. Il ne manquait plus que Maud, pour que les Bijote soient totalement réunis. Mais celle-ci comme chacun sait, était à Saint-Étienne, et faisait des études, dans l’art.
-Patrick, j’en ai marre, dit brusquement Stéphanie, en brisant le silence apaisant qui régnait dans la pièce. J’ai pris ma décision : je vais partir demain, avec Loïc, chez ma mère à Lyon. Et je vais appeler Maud pour lui dire de faire attention, et l’informer de ce qui se passe dans le village.
-Mais tu ne vas pas partir ? demanda Patrick avec du désespoir dans le regard. Ne me laisse pas seul, je t’en prie, en commençant à paniquer. Ne me laisse pas tout seul !
-Ecoute, reprit Stéphanie, arrête de jouer ton cinéma, d’abord, je le fais pour ma sécurité et celle de mes enfants, enfin, de nos enfants, si tu vois ce que je veux dire (elle fit un clin d’œil à Patrick, en se détournant du regard de Loïc, qui regardait la scène). Ensuite, si je pars c’est parce que tu m’as dit que je pouvais le faire, au début, tu te souviens ?
-Quoi ? Mais qu’est-ce que tu me dis ? Je ne comprends rien de ce que tu me racontes, Stéphanie, répondit Patrick.
-Non, vraiment arrête Patrick. Je suis las de tes conneries. D’accord ? Cette nuit, je dors ici, et demain je pars, tu le comprends ?
A vrai dire, il ne comprenait plus rien, mais il répondit, dans un grand soupir, au bord des larmes « Oui, je comprends, tu peux partir, si tu le veux. »
Puis, ils repartirent tous se coucher. Dormant d’un sommeil lourd et désagréable, surtout Patrick, qui n’avait pas dormit. Et il avait de quoi ne pas dormir le pauvre, il n’avait plus aucun repaire, sa vie chutait, il tombait dans le vide. Difficile de dormir dans cette posture !
